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Visa Schengen en Tunisie: pourquoi les rendez‑vous sont-ils si difficiles à obtenir?

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  • 8 février 12:16
  • 4 min de lecture
Visa Schengen en Tunisie: pourquoi les rendez‑vous sont-ils si difficiles à obtenir?

Obtenir un visa Schengen depuis la Tunisie reste une démarche complexe et source de frustrations pour de nombreux demandeurs, confrontés à des délais d’attente prolongés pour les rendez‑vous, des indisponibilités chroniques des créneaux de dépôt de dossier, et parfois au recours à des intermédiaires ou agences qui facturent des services complémentaires à prix élevé.

Un accès difficile aux rendez‑vous officiels

Obtenir un rendez‑vous pour un visa Schengen depuis la Tunisie reste un véritable défi pour de nombreux citoyens. Les plateformes officielles, comme TLScontact pour la France, l’Allemagne ou la Belgique, et Almaviva pour l’Italie, affichent souvent une disponibilité très limitée.

Les créneaux se remplissent en quelques minutes, obligeant les demandeurs à se connecter régulièrement, parfois plusieurs fois par jour, pour espérer sécuriser un rendez‑vous.

Cette situation est aggravée par le volume élevé de demandes : en 2024, près de 178 000 demandes ont été enregistrées, avec un taux de refus moyen supérieur à 21 %.

Les refus ou retards engendrent non seulement des coûts financiers directs (frais de visa, déplacements, documents…), mais aussi un stress considérable pour les demandeurs.

Ainsi, la combinaison de la rareté des créneaux, des délais prolongés et des procédures administratives strictes contribue à une frustration généralisée parmi les candidats tunisiens, alimentant un sentiment de complexité et d’injustice dans l’accès aux visas Schengen.

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Intermédiaires et services payants

Face à la difficulté d’obtenir un rendez‑vous officiel, certains Tunisiens se tournent vers des intermédiaires ou des agences privées proposant un service payant pour faciliter l’accès aux créneaux disponibles.

Ces prestations peuvent inclure des alertes de disponibilité, la réservation anticipée, la préparation des documents ou l’assistance personnalisée pour remplir le dossier. Bien que ces services ne soient pas illégaux en soi, ils entraînent des coûts supplémentaires parfois élevés pour les demandeurs, reflétant un véritable marché parallèle créé par la pénurie de rendez‑vous.

Cette situation profite de la forte demande et du manque de disponibilité directe sur les plateformes officielles, accentuant la perception d’inégalité entre ceux qui peuvent se permettre de payer et ceux qui doivent se contenter des créneaux standards.

Les témoignages recueillis sur les réseaux sociaux, dans des forums de voyageurs et dans plusieurs médias tunisiens montrent que le recours à des services payants pour sécuriser un rendez‑vous devient de plus en plus courant.

En effet, de nombreux demandeurs tunisiens partagent leur expérience en ligne, sur les forums de voyage, groupes Facebook ou sections commentaires des sites d’agences de visas, décrivant la frustration de ne jamais réussir à obtenir un rendez‑vous officiel.

Certains expliquent qu’ils passent plusieurs heures par jour à actualiser les plateformes TLScontact ou Almaviva, sans jamais réussir à sécuriser une date, ce qui provoque stress et anxiété, surtout lorsqu’un voyage ou une obligation professionnelle est en jeu.

D’autres témoignages mentionnent avoir été contraints de recourir à des intermédiaires pour ne pas manquer des déplacements importants, soulignant le sentiment d’injustice pour ceux qui n’ont pas les moyens de payer.

Cette situation nourrit aussi une perception d’inégalité et un sentiment général que le système officiel favorise indirectement ceux qui peuvent se permettre des services payants. Ainsi, au-delà des chiffres, la frustration humaine et la difficulté d’accès au processus officiel sont très palpables parmi les candidats tunisiens.

Efforts consulaires et améliorations partielles

Face à cette situation, les autorités consulaires reconnaissent que la situation des rendez‑vous et des délais de visa reste problématique et tentent d’y apporter des solutions.

L’ambassade de France en Tunisie, par exemple, a indiqué avoir augmenté le nombre de créneaux disponibles et mis en place un suivi plus efficace des dossiers, ce qui a contribué à réduire le taux de refus des demandes en 2025.

Par ailleurs, des mesures ciblées ont également été instaurées pour les demandeurs ayant déjà obtenu un visa Schengen, afin de simplifier la prise de rendez‑vous et d’alléger la charge des demandes répétitives.

Mais malgré ces initiatives, les obstacles subsistent : délais d’obtention prolongés, procédures complexes, documents requis et refus inattendus continuent de peser sur les candidats.

Le parcours administratif reste donc ardu, avec des attentes longues, une disponibilité limitée des rendez‑vous et un recours croissant aux services payants, ce qui montre qu’un équilibre entre accessibilité, efficacité et équité est encore à construire pour les demandeurs tunisiens.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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