gradient blue
gradient blue
A la une Monde

Étudier en France : mauvaise nouvelle pour les étudiants non‑européens

Avatar photo
  • 31 janvier 12:23
  • 4 min de lecture
Étudier en France : mauvaise nouvelle pour les étudiants non‑européens

Étudier en France, un rêve partagé par des dizaines de milliers de jeunes du Maghreb et d’ailleurs, pourrait se compliquer à partir de 2026. Les débats autour du budget et des réformes de l’enseignement supérieur font planer de nouvelles contraintes financières et administratives sur les étudiants étrangers, avec des mesures qui concernent particulièrement ceux venant de Tunisie, d’Algérie, du Maroc et d’autres pays s’ils n’ont pas la nationalité ou un statut européen.

Des aides au logement bientôt hors de portée pour les non‑Européens ?

En effet, le cœur du débat concerne les Aides personnalisées au logement (APL). Ces allocations, essentielles pour de nombreux étudiants, permettent de réduire significativement le coût du logement universitaire ou privé. Selon le projet de loi de finances 2026, le gouvernement propose d’exclure de l’APL les étudiants étrangers non‑boursiers originaires de pays hors Union européenne.

Pour beaucoup de jeunes venant du Maghreb, cette mesure pourrait représenter une perte de 100 à 250 euros par mois, une somme cruciale pour couvrir loyers, nourriture et transports. Si cette proposition est adoptée, plus de 300 000 étudiants extra‑communautaires pourraient en être affectés.

Pour l’instant, la mesure est encore en discussion au Parlement. Mais le simple fait qu’elle soit envisagée a déjà suscité inquiétude et protestations chez les étudiants, associations et syndicats.

À cela s’ajoutent les droits différenciés pour les étudiants non‑européens, une politique déjà en vigueur depuis quelques années mais qui tend à se renforcer.

À l’Université Paris 1 Panthéon‑Sorbonne, par exemple, les frais pour les étudiants extra‑communautaires ont été portés de quelques centaines d’euros à près de 4 000 euros par an, contre seulement 178 euros pour les étudiants français ou européens. Une hausse qui risque de mettre à rude épreuve le budget des familles et des étudiants venant de pays comme la Tunisie, l’Algérie ou le Maroc, pour qui le coût de la vie en France s’ajoute à ces frais d’inscription élevés.

Une sélection plus stricte à l’horizon

En parallèle, le gouvernement réfléchit à une sélection plus exigeante des étudiants étrangers, notamment pour mieux encadrer les admissions et s’assurer que les capacités d’accueil des universités ne soient pas dépassées.

Pour l’instant, aucune mesure définitive n’a été adoptée, mais ces discussions alimentent le sentiment d’incertitude chez les jeunes qui envisagent de venir étudier en France.

Il est aussi à noter que ces mesures ne ciblent pas un pays spécifique mais s’appliquent à tous les étudiants non‑européens, ce qui inclut donc largement les jeunes venus de Tunisie, d’Algérie et du Maroc.

Seuls pourraient rester relativement épargnés : les étudiants boursiers sur critères sociaux français et les étudiants européens de l’UE/EEE, qui ne sont pas visés par ces restrictions.

Pour tous les autres, l’accès aux aides et les frais d’inscription deviennent un facteur de stress supplémentaire, et nombre d’étudiants doivent déjà revoir leur budget ou réfléchir à des alternatives de logement et de financement.

Derrière les chiffres et les textes de loi, il y a des vies et des rêves. Des étudiants qui ont travaillé des années pour décrocher une place en France voient leur projet se compliquer. Des familles qui comptaient sur l’APL pour soutenir leurs enfants devront peut-être repenser leur plan.

Des syndicats et associations dénoncent déjà une mesure qui risque d’accroître la précarité et de réduire l’attractivité de la France pour les étudiants internationaux, au moment où le pays reste une destination de choix pour des dizaines de milliers de jeunes talents.

Ainsi, entre hausse des frais, restriction des aides et sélection plus stricte, il faudra aux jeunes candidats plus de ressources, d’anticipation et de résilience pour concrétiser leur rêve français.

Avatar photo
Auteur

La Presse

You cannot copy content of this page