Le Président de l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens (OIT), Mohsen Ghrissi, tire la sonnette d’alarme. Face à la fuite massive des cerveaux qui fragilise les piliers de l’économie nationale, il appelle à la tenue immédiate d’un Conseil des ministres consacré exclusivement à la migration des ingénieurs.
Pour Mohsen Ghrissi, cette démarche s’inscrit dans une volonté de collaboration avec l’État. L’objectif est clair : apporter une expertise technique pour élaborer une stratégie de rétention des compétences, condition sine qua non à la survie de l’industrie tunisienne et à la relance de la croissance.
Un constat chiffré vertigineux
Le bilan dressé par le président de l’OIT est sans appel. Sur les 105 000 ingénieurs inscrits à l’Ordre, pas moins de 46 000 ont choisi l’exil au cours des dix dernières années. Ce flux migratoire, qui s’est transformé en véritable hémorragie à partir de 2014, s’explique par une combinaison de facteurs : un démarchage agressif des talents tunisiens par l’étranger, des disparités salariales abyssales et des cadres de travail nettement plus attractifs hors de nos frontières.
Au-delà des jeunes, le départ critique des seniors
Si le départ des jeunes diplômés est déjà préoccupant, le président de l’OIT souligne un danger bien plus insidieux : l’exil des ingénieurs expérimentés. La perte de ces profils seniors prive la Tunisie de ses mentors et de ses experts de terrain, indispensables à l’encadrement et à l’innovation.
Une réforme structurelle indispensable
Pour enrayer ce phénomène, Mohsen Ghrissi prône une approche globale qui s’attaque aux racines du mal. Il exhorte les autorités à repenser le modèle professionnel tunisien en agissant sur trois leviers majeurs : la revalorisation conséquente des salaires, l’amélioration des conditions de travail et la création de perspectives de carrière stimulantes au sein même du pays.



