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Société

D’ici 2050 : 70% des eaux traitées seront réutilisées pour l’irrigation agricole

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  • 10 avril 14:39
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D’ici 2050 : 70% des eaux traitées seront réutilisées pour l’irrigation agricole

Face à l’irrégularité chronique des précipitations, l’État tunisien accélère sa transition vers les ressources non conventionnelles. Hammadi Hbayer, Secrétaire d’État chargé des Eaux, a annoncé lors d’un conseil régional à Monastir une ambition claire : porter le taux de réutilisation des eaux usées traitées dans le secteur agricole à 70 % à l’horizon 2050. Cette orientation stratégique répond à une urgence climatique sans précédent, la Tunisie ayant affronté neuf années de sécheresse sur la dernière décennie, dont une série critique de six ans consécutifs.

Malgré ce stress hydrique prolongé, le système national a fait preuve d’une résilience notable, permettant notamment la levée du système de quotas de distribution d’eau potable l’été dernier. Le responsable a précisé que les récentes perturbations locales n’étaient pas le signe d’une pénurie généralisée, mais résultaient principalement d’incidents techniques, de pannes de réseau ou de coupures électriques sur les stations de pompage. La situation des barrages reste toutefois contrastée, affichant des niveaux satisfaisants au Nord et au Cap Bon, tandis que les réservoirs du Centre demeurent préoccupants.

Pour sécuriser l’avenir de l’irrigation, particulièrement dans le système de Nebhana, le ministère déploie une panoplie de solutions techniques de grande envergure. En plus du raccordement des barrages du Centre aux ressources du Nord, les autorités misent sur l’exploitation de nappes profondes via des forages exploratoires à 1 500 mètres de profondeur et sur le développement du dessalement des eaux saumâtres, soutenu par une coopération active avec l’agence espagnole AECID.

Parallèlement à ces grands chantiers, la gestion de la demande et l’efficience du réseau deviennent prioritaires. La SONEDE renforce actuellement sa surveillance en temps réel pour limiter les pertes en ligne et moderniser ses infrastructures vieillissantes. Dans cette lutte pour la souveraineté hydrique, la Tunisie explore également des technologies innovantes comme l’insémination des nuages pour stimuler les précipitations dans les bassins versants stratégiques. En déplacement sur le chantier de doublement du canal de transfert des eaux du Nord à Monastir, Hbayer a conclu en exigeant l’achèvement des travaux avant le pic de consommation estival pour garantir la continuité du service.

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Auteur

La Presse

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