Retour sur l’agression sexuelle dans un jardin d’enfants : Il ne faut pas tolérer l’impunité !
L’affaire de l’agression sexuelle d’un enfant de moins de trois ans a, certes, choqué la pudeur et défrayé la chronique, illustrant ainsi l’indécence humaine dans son acception totale.
Mais aussi un tel crime si monstrueux commis contre l’enfance est de nature à tuer son innocence et mettre la société devant ses responsabilités.
Tant qu’il n’y a plus répression, cette violation de la loi n’est, certes, pas une première et ne serait, non plus, la dernière !
La Presse — Car le fait qu’un enfant soit victime d’un pareil comportement maladif et extravagant, voire contre nature, ayant été sauvagement violé, c’est que l’impunité demeure la règle et la répression l’exception. Et lorsqu’un jardin d’enfants, censé être un milieu préscolaire sécurisé, s’est érigé en théâtre d’outrage aux bonnes mœurs, ce crime est susceptible d’avoir un double impact institutionnel et sociétal aux séquelles aussi profondes qu’indélébiles. D’autant plus qu’il altère la réputation de l’institution elle-même et remet en cause l’ordre public.
Le cynisme dans ses multiples facettes
Il y a deux semaines que cette affaire continue de susciter, à la fois, émotion et sympathie, sur fond d’indignation générale enflammant la Toile. Et jusqu’à nos jours, les commentaires de soutien et de dénonciation n’en finissent pas de surfer sur les réseaux sociaux, pointant du doigt un certain laxisme juridique et une justice à deux vitesses qui, de par sa réaction tardive, fait montre d’apathie et donne l’impression d’avoir banalisé le danger.
Et ce n’est qu’après 14 jours, aux dires de la mère de l’enfant, que l’appel citoyen et associatif tient bon, poussant le ministère public à ouvrir une enquête, afin d’en délimiter les responsabilités. En effet, l’affaire en question est devenue celle d’opinion publique, dont les retombées ont transcendé la réalité pour toucher le fond d’un crime phénoménal corollaire des comportements à risque aussi fréquents. Ces auteurs récidivistes n’ont jamais retenu la leçon, continuant à agir comme si de rien n’était. Autant dire, le cynisme dans ses multiples facettes.
Certes, l’affaire du jardin d’enfants n’est pas la seule qui a fait couler beaucoup d’encre, et elle n’en serait, non plus, la dernière, tant que la loi ne s’applique pas. Pédophilie, vols à l’arraché, violence scolaire, braquages, trafic de drogue, criminalité, ces drames survenus, chaque jour ou presque, créent effroi et émoi, au point de nous croire dans la jungle où tout prime sur la loi.
Et si la peine de mort était dûment appliquée ?
Face à la montée exponentielle des crimes et des violences, faute d’une justice répressive, l’on ne sait plus à quel saint se vouer. Au grand jour, malfaiteurs et braqueurs courent toujours, dans l’impunité, faisant ce que bon leur semble. Les citoyens éprouvent de l’angoisse et de l’insécurité. Et là, les appels à l’exécution des jugements que mérite tout coupable, sans pardon, sont lancés de partout, et partagés sur les réseaux sociaux. Le débat sur le retour de la peine de mort refait également surface, en consécration du droit à la vie, qui demeure universellement irrévocable. D’où on ne peut pas en priver qui que ce soi. Pourquoi, alors, laisse-t-on des criminels meurtriers s’en jouir librement ? Et si la peine de mort était dûment appliquée ?
Est-il judicieux de pardonner pareils crimes odieux qui ne font que tolérer l’impunité et outrager la morale? Comment faire pour arrêter cette ironie ? Alors que notre arsenal juridique en vigueur, une fois mis en œuvre, à juste titre, est en mesure de rétablir l’ordre et réprimer ce qui se croit être au-dessus de la loi. Qu’en est-il de l’Etat de droit et des institutions?! Alors, quand pourrait-on dégripper l’appareil judiciaire et déclencher, sans tarder, la révolution législative dont le Président Kaïs Saïed avait tant parlé ?