1,9 milliard de dinars de dettes : la CPG face au risque de faillite
La situation financière de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) atteint un niveau critique, au point de faire planer un risque réel de faillite, a averti le député à l’Assemblée des régions et des districts pour le gouvernorat de Gafsa, Jamai Zouidi, appelant à une intervention urgente des autorités.
Dans une déclaration accordée ce vendredi 3 avril 2026 à Express Fm, le parlementaire a tiré la sonnette d’alarme sur l’accumulation de dettes considérables contractées par l’entreprise publique au fil des années auprès de ses principaux partenaires. Selon lui, l’endettement de la CPG a atteint des niveaux sans précédent, fragilisant profondément son équilibre financier et sa capacité à poursuivre ses activités dans des conditions normales.
Dans le détail, les dettes de la société envers le Groupe chimique tunisien (GCT) s’élèvent à environ 666 millions de dinars, tandis que celles dues à la Société tuniso-indienne des fertilisants (TIFERT) avoisinent 1,250 milliard de dinars. Ce cumul, proche de 1,9 milliard de dinars, illustre l’ampleur des difficultés auxquelles fait face l’un des piliers historiques de l’économie tunisienne.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que le Groupe chimique tunisien constitue le principal client de la CPG, ce qui rend l’entreprise fortement dépendante de la santé financière de ce partenaire stratégique. Toute perturbation ou difficulté au sein de ce dernier se répercute directement sur l’activité de la compagnie, accentuant ainsi les risques d’asphyxie financière.
Au-delà des enjeux économiques, le député a mis en garde contre les conséquences sociales d’une éventuelle défaillance de la CPG. Dans le bassin minier de Gafsa, des milliers de familles dépendent directement ou indirectement de l’activité de l’entreprise, faisant de sa survie un enjeu majeur de stabilité sociale dans la région.
Face à cette situation, Jamai Zouidi a appelé le président de la République à intervenir sans délai, en mettant en place un plan d’urgence visant à restaurer l’équilibre financier de la compagnie et à garantir la continuité de la production. Il a également plaidé pour une réforme structurelle, notamment à travers l’unification de la gouvernance de la CPG et du Groupe chimique tunisien sous la direction d’un seul président-directeur général. Une telle mesure permettrait, selon lui, d’améliorer la coordination entre les deux entités et d’optimiser la gestion des ressources financières et industrielles.
Par ailleurs, le député a proposé d’explorer de nouvelles pistes pour renforcer les revenus de l’entreprise, notamment à travers l’ouverture à l’exportation directe du phosphate marchand via le centre de chargement de Sfax. Cette option pourrait constituer une source de devises supplémentaire et contribuer, à court terme, à alléger le poids de la dette.
Concluant son intervention, Jamai Zouidi a insisté sur l’urgence d’agir, estimant que “sauver la Compagnie des phosphates de Gafsa aujourd’hui ne relève pas d’une simple décision administrative, mais d’un choix stratégique déterminant pour l’avenir économique et social de toute une région”.



