Que sait-on réellement de la “flotte des moustiques” iranienne dans le détroit d’Ormuz ?
Le journal The New York Times révèle, dans un récent rapport, l’existence de ce qu’il qualifie de “flotte des moustiques” iranienne, estimée comme une menace croissante pour la navigation dans le détroit d’Ormuz, l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde.
Selon ce rapport, cette flotte relève de la marine du Corps des Gardiens de la révolution islamique et fonctionne de manière autonome par rapport à la marine régulière iranienne. Elle serait composée de centaines de petites embarcations rapides, capables d’atteindre des vitesses très élevées, offrant ainsi un avantage dans les zones maritimes étroites où les grands navires peinent à manœuvrer.
Le rapport cite l’amiral américain à la retraite Gary Roughead, ancien chef des opérations navales, qui décrit cette force comme une “puissance perturbatrice”, difficile à anticiper en raison de l’incertitude entourant ses mouvements et intentions.
Cette stratégie repose sur une doctrine de “guérilla maritime”, privilégiant des attaques rapides, coordonnées et imprévisibles plutôt que des affrontements directs. Le chercheur Saeid Golkar souligne que la marine des Gardiens de la révolution adopte une approche asymétrique fondée sur des tactiques de harcèlement et d’usure.
Selon les éléments du rapport, cette doctrine s’inspire des enseignements de la guerre du Golfe, durant laquelle l’Iran a pris conscience de la difficulté de faire face directement à la puissance navale américaine, l’amenant à développer des stratégies alternatives à faible coût mais à fort impact.
Le document indique également que les Gardiens de la révolution ont mis en place des bases dissimulées et fortifiées, notamment dans des zones côtières difficiles d’accès, compliquant toute tentative de ciblage aérien. L’analyste Farzin Nadimi estime que cette organisation reflète une doctrine de confrontation directe avec les États-Unis, impliquant une force estimée à environ 50 000 combattants.
Malgré les pressions militaires et navales évoquées sous l’administration de Donald Trump, le rapport souligne que la menace demeure. Les petites embarcations et drones, souvent lancés depuis des plateformes dissimulées, peuvent encore perturber la navigation commerciale et militaire dans la région.
Les navires commerciaux apparaissent comme les plus vulnérables, tandis que les forces navales américaines sont contraintes de limiter leur présence dans le détroit, en raison de l’étroitesse du passage et de la rapidité des menaces. Le rapport note également que les drones à faible coût sont désormais capables d’endommager des navires militaires coûteux, poussant les États-Unis à repositionner certaines de leurs forces vers des zones plus éloignées comme la mer d’Arabie et le golfe d’Oman.
En conclusion, ce “réseau maritime invisible” met en évidence les limites de la supériorité militaire conventionnelle, l’Iran conservant des capacités de perturbation importantes sur l’un des corridors maritimes les plus stratégiques du monde, grâce à des tactiques non conventionnelles, peu coûteuses mais potentiellement très efficaces.



