Les tarifs d’accès aux musées, monuments historiques et sites archéologiques en Tunisie connaîtront une augmentation progressive à partir du 1er avril 2026, conformément à un arrêté conjoint des ministres des Finances et des Affaires culturelles, publié au Journal officiel de la République tunisienne en date du 31 mars 2026.
Cette révision instaure une nouvelle grille tarifaire, appliquée en deux phases, et introduit plusieurs ajustements touchant aussi bien les visiteurs locaux que les touristes étrangers.
Une hausse en deux temps jusqu’en 2027
Selon le texte officiel, une première augmentation entre en vigueur dès le 1er avril 2026, suivie d’une seconde au 1er janvier 2027. Les tarifs sont désormais structurés en cinq catégories (A à E), en fonction de l’importance patrimoniale et touristique des sites.
Ainsi, les droits d’entrée pour les sites classés en catégorie A passeront à 30 dinars en 2026, avant d’atteindre 45 dinars en 2027. Pour la catégorie B, les prix seront respectivement de 20 et 30 dinars. Les autres catégories sont fixées à 10 dinars (C), 8 dinars (D) et 5 dinars (E), sans changement annoncé pour 2027.
L’arrêté prévoit en outre une revalorisation automatique annuelle de 5 % à partir du 1er janvier 2028, avec arrondi au dinar supérieur.
Introduction d’un billet combiné et réorganisation des sites
Parmi les nouveautés majeures figure la mise en place d’un billet combiné permettant l’accès au musée national du Bardo et aux sites archéologiques de Carthage. Ce ticket est fixé à 45 dinars à partir d’avril 2026, puis à 70 dinars dès janvier 2027, avec une augmentation annuelle ultérieure de 5 %.
Le texte prévoit en outre une reclassification de certains sites emblématiques. À compter de 2028, les sites de Carthage, les monuments historiques de Kairouan ainsi que l’amphithéâtre et le musée d’El Jem seront intégrés à la catégorie A, la plus élevée.
Il est important de souligner que des tarifs réduits sont maintenus pour les visiteurs tunisiens, les étrangers résidant en Tunisie et les ressortissants des pays du Maghreb, sur présentation de justificatifs.
Dans ce cadre, l’accès aux sites et au musée de Carthage est fixé à 9 dinars, tandis que le musée national du Bardo, les sites de Kairouan ainsi que l’amphithéâtre et le musée d’El Jem seront accessibles à 8 dinars. Les autres sites sont proposés à 5 ou 4 dinars selon leur catégorie.
Tarifs spécifiques et gratuité pour certaines catégories
Le nouveau dispositif prévoit un tarif réduit de 2 dinars pour plusieurs catégories, notamment les élèves, les étudiants, les stagiaires de la formation professionnelle, les enfants de moins de 12 ans accompagnés, ainsi que les titulaires de la carte jeune. Ce tarif s’applique également à certains groupes dans le cadre d’activités encadrées.
Par ailleurs, la gratuité d’accès est maintenue pour plusieurs catégories, dont les personnes en situation de handicap, les blessés de la révolution, les familles de martyrs, les agents des forces armées et de sécurité, ainsi que les détenteurs de cartes internationales liées au patrimoine.
L’accès gratuit est également accordé à l’ensemble des Tunisiens et des résidents étrangers lors de journées spécifiques : le premier dimanche de chaque mois, les jours fériés, ainsi que les 18 avril (Journée internationale des monuments et des sites) et 18 mai (Journée internationale des musées).
Autre nouveauté introduite par l’arrêté : les droits d’entrée incluent désormais la prise de photographies à usage personnel et non commercial. En revanche, les activités de photographie et de tournage à caractère professionnel restent soumises à des autorisations et à une tarification spécifique fixée par l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (AMVPPC).
Le texte prévoit également une réduction de 10 % sur les droits d’entrée au profit des agences de voyage et entreprises partenaires atteignant un volume annuel minimum de réservations. Ce seuil est fixé à 20 000 dinars à partir d’avril 2026 et sera relevé à 30 000 dinars à partir de janvier 2027.
Il est à noter que cet arrêté vient abroger la précédente décision en date du 10 avril 2023, instaurant ainsi un nouveau cadre tarifaire pour l’accès aux sites culturels exploités par l’État.
Avec cette réforme, les autorités tunisiennes entendent moderniser la politique tarifaire des sites patrimoniaux, en tenant compte de leur valeur touristique tout en maintenant des conditions d’accès avantageuses pour les publics locaux. Cette décision pourrait toutefois susciter des ajustements du côté des professionnels du tourisme, notamment en raison de son entrée en vigueur immédiate.



