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La présidente de la Chambre syndicale nationale des orthophonistes, Samia Chaabane, a alerté ce mercredi 25 février 2026 sur la grave crise financière qui frappe le secteur. Selon elle, un cahier des charges inadapté aux réalités des professionnels du privé a entraîné la fermeture d’environ 15 cabinets en 2025, auxquels s’ajoutent cinq autres depuis le début de l’année.
Dans une déclaration à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), Samia Chaabane a précisé que le nombre de cabinets en Tunisie varie entre 300 et 325. Elle a souligné que de nombreux praticiens sont menacés de fermeture en raison de difficultés financières ou de l’attrait de l’émigration pour améliorer leurs conditions de vie.
Le cahier des charges est jugé « injuste ». Les loyers élevés des locaux pèsent sur la rentabilité des cabinets, tandis que l’interdiction de partager les locaux avec d’autres spécialités médicales ou paramédicales limite les possibilités d’exercice. L’obligation d’obtenir un certificat de conformité de la Protection Civile est également critiquée. Selon la présidente, cette exigence a contraint de nombreux orthophonistes à exercer sans carte professionnelle, faute de locaux répondant aux normes.
Depuis 2019, la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) exige ce certificat pour la mise à jour des dossiers des spécialistes. Mme Chaabane déplore également que les tarifs de conventionnement avec la CNAM n’ont pas été révisés depuis 1988, aggravant la précarité financière des praticiens.
La profession est confrontée à d’autres menaces. L’intrusion de personnes non qualifiées dans le secteur représente un danger pour les patients. L’absence de régulation renforce la nécessité d’une révision urgente du cahier des charges, d’une meilleure organisation des normes de construction et d’un contrôle renforcé du secteur informel. La présidente préconise également une révision du taux d’augmentation annuelle des loyers commerciaux afin de sécuriser l’avenir des cabinets.