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Addiction aux écrans : un trouble mental reconnu qui inquiète les experts

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  • 5 avril 13:51
  • 3 min de lecture
Addiction aux écrans : un trouble mental reconnu qui inquiète les experts

La psychiatre Neïla Mseddi a souligné, ce dimanche à Tunis, que l’addiction numérique n’est pas un simple comportement passager, mais bien un trouble psychique chronique nécessitant un diagnostic et une prise en charge, au même titre que les autres troubles mentaux.

Dans une déclaration à l’Agence Tunis Afrique Presse, en marge du Salon des patients tenu les 3, 4 et 5 avril, la spécialiste a expliqué que l’usage excessif des écrans, des jeux vidéo et des réseaux sociaux touche désormais toutes les tranches d’âge et concerne la majorité des sociétés. Elle a rappelé que des rapports de l’Organisation mondiale de la santé ont reconnu, depuis 2019, le trouble lié aux jeux vidéo comme une maladie intégrée dans la classification internationale des maladies.

Elle a ajouté que de nombreuses études récentes estiment que le taux d’addiction numérique varie entre 5 % et 10 % des internautes dans le monde, avec une hausse notable chez les adolescents.

Selon Neïla Mseddi, cette forme d’addiction, classée parmi les troubles comportementaux sans substance, entraîne des changements significatifs dans la personnalité et les relations sociales. Les personnes concernées tendent à s’isoler, affichent une baisse des performances scolaires ou professionnelles, ainsi que des troubles du sommeil et de la concentration. Des recherches en neuropsychologie montrent également que l’usage excessif des écrans perturbe le système de récompense du cerveau, de manière similaire aux addictions classiques, en raison d’une production excessive de dopamine.

La spécialiste a également indiqué que l’addiction numérique s’inscrit dans une catégorie plus large d’addictions comportementales, comme la dépendance aux jeux d’argent, aux relations sexuelles ou encore à la pratique excessive du sport, soulignant l’importance d’une détection précoce et d’une vigilance face aux premiers signes.

Concernant la prise en charge, elle a précisé que le traitement repose principalement sur la psychothérapie, notamment la thérapie cognitivo-comportementale, reconnue pour son efficacité dans la modification des schémas de pensée et de comportement liés à l’addiction.

Elle a ajouté que, dans certains cas, un recours aux médicaments peut être envisagé pour traiter les troubles associés, tels que l’anxiété ou la dépression, insistant toutefois sur le fait que la majorité des traitements psychiatriques ne provoquent pas de dépendance, contrairement à certaines idées reçues.

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Auteur

La Presse

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