Téhéran : 15 millions d’habitants sous un nuage toxique
Image : capture d’écran
Une inquiétante « pluie noire » mêlée de résidus pétroliers serait tombée sur plusieurs quartiers de Téhéran, alimentant les craintes d’une grave catastrophe environnementale après les frappes ayant touché des infrastructures énergétiques près de la capitale iranienne, notamment la raffinerie de Raffinerie de Shahran.
Selon des témoignages relayés par plusieurs médias internationaux, une épaisse fumée noire issue de l’incendie des installations pétrolières s’est répandue au-dessus de la ville, obscurcissant le ciel et plongeant certains quartiers dans une pénombre inhabituelle. Des particules d’hydrocarbures se seraient ensuite mélangées aux précipitations, provoquant ce que des observateurs décrivent comme une pluie sombre et huileuse recouvrant toits, rues et balcons.
Un air chargé de substances toxiques
Des experts alertent sur la présence possible de polluants dangereux dans l’atmosphère, notamment du dioxyde de soufre, des oxydes d’azote et différents hydrocarbures issus de la combustion du pétrole. Ces substances peuvent provoquer des irritations cutanées, des brûlures chimiques et des atteintes respiratoires graves en cas d’exposition prolongée.
Dans certains quartiers, la visibilité a été fortement réduite par les fumées épaisses, alimentant les comparaisons avec un « hiver nucléaire » localisé, un terme repris par certains analystes pour décrire l’assombrissement du ciel causé par les nuages de suie et de particules. Le phénomène a été évoqué par des médias internationaux comme CNN et The New York Times, qui rapportent l’ampleur inhabituelle du panache de fumée.
Risques de contamination de l’eau et des sols
Au-delà de la pollution atmosphérique, des spécialistes redoutent également une contamination des sols et des ressources en eau. Les pluies chargées de résidus pétroliers pourraient transporter des métaux lourds — notamment du nickel et du vanadium — susceptibles de s’infiltrer dans les réseaux d’eau et les nappes phréatiques.
Les retombées de suie et d’hydrocarbures pourraient également endommager les bâtiments et les infrastructures, certaines précipitations étant décrites comme particulièrement corrosives.
Les autorités sanitaires appellent à la vigilance
Face à ces risques, le Croissant-Rouge iranien a recommandé aux habitants de protéger les aliments exposés à l’air libre, la suie huileuse pouvant contaminer les produits alimentaires. Les autorités appellent également la population à limiter les déplacements et à se protéger autant que possible des fumées.
Une menace pour la faune
Des organisations environnementales tirent également la sonnette d’alarme concernant la faune locale et les oiseaux migrateurs. Les retombées de pétrole et de suie peuvent endommager leurs plumes, entraînant hypothermie et troubles organiques pouvant conduire à leur mort.
Avec près de 15 millions d’habitants dans son agglomération, Téhéran se retrouve confrontée à une crise environnementale potentiellement majeure. La combinaison de fumées toxiques, de pluies contaminées et de retombées chimiques pourrait avoir des effets sanitaires durables si la pollution persiste dans les prochains jours.
Alors que l’attention internationale se concentre principalement sur les opérations militaires, plusieurs experts estiment que les conséquences environnementales et sanitaires du conflit pourraient s’avérer tout aussi dévastatrices pour la population civile.