L’affaire Mourad Zeghidi concerne des déclarations fiscales, selon son avocat
Ghazi Mrabet, membre du comité de défense du journaliste Mourad Zghidi, a déclaré, mercredi, que “l’affaire de son client n’est aucunement une affaire de blanchiment d’argent, il s’agit seulement d’un manque de déclarations fiscales obligatoires”.
Cela est dû, explique-t-il, à la pandémie de Covid-19 qui a touché de nombreuses petites et moyennes entreprises.
Lors d’une conférence de presse organisée par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), à son siège, à Tunis, pour faire le point sur l’affaire Mourad Zghidi, en présence de l’équipe de la défense, Mrabet a déclaré que son client a créé deux sociétés, une en 2015 et une en 2019.
Celles -ci avaient fait l’objet d’un contrôle par la Commission tunisienne d’analyses financières, une instance indépendante relevant administrativement de la Banque centrale de Tunisie.
Aucune suspicion de blanchiment d’argent n’a été relevée, affirme l’avocat.
De son côté, Zied Dabbar, président du SNJT, a déclaré que les faits ne laissent planer aucun doute quant à un éventuel blanchiment d’argent, ajoutant que les poursuites judiciaires engagées contre Zeghidi sont liées à ses positions dans les médias.
Il est inconcevable de poursuivre les journalistes en justice pour des opinions ou des publications, a-t-il dit, estimant que le décret-loi n°54 du 13 septembre 2022, relatif à la lutte contre les infractions se rapportant aux systèmes d’information et de communication a porté atteinte aux libertés en Tunisie.
« Il est donc impératif de le réviser dans les plus brefs délais », a-t-il souligné.
Le journaliste Mourad Zghidi a été arrêté le 11 mai 2024.
La chambre criminelle près le Tribunal de première instance de Tunis l’avait condamné, 22 janvier dernier, à trois ans et six mois de prison pour « blanchiment d’argent et délits fiscaux liés à l’évasion fiscale », selon ce qu’a déclaré une source judiciaire à l’agence TAP.
La chambre a également condamné Zghidi à des amendes financières, à la confiscation des fonds qui lui reviennent ainsi qu’à la confiscation de ses parts sociales dans les deux sociétés au profit du Trésor public.