Le retard chronique dans le remboursement des frais médicaux par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) est désormais sur toutes les lèvres.
Affiliés, professionnels de santé et notamment les officines, ainsi que les simples observateurs, dressent le même constat.
La Presse —Le système s’enlise, au moment même où les discours officiels multiplient les annonces de réformes profondes des caisses sociales tunisiennes, notamment la Cnrps et la Cnss. Sur le terrain pourtant, rien ne semble bouger.
Le statu quo perdure, avec son lot de frustrations et d’incompréhensions pour des milliers d’assurés.
Créée en vertu de la loi n°2004-71 du 2 août 2004, la Cnam était censée garantir un accès fluide aux soins et un remboursement rapide des dépenses de santé. Vingt ans plus tard, la promesse paraît bien éloignée de la réalité vécue par les citoyens.
Témoignage à l’appui. En début de semaine, un assuré s’est rendu à l’agence de la Cnam à Kheireddine pour obtenir des éclaircissements sur une somme modeste, indiquée comme «remboursée» sur son compte e-Cnam, ce qui n’est pas le cas.
Pensant à une erreur — soit de sa banque, soit des services administratifs – il espérait une simple vérification.
Mais sur place, après une attente interminable, la réponse tombe : le montant en question n’a, en réalité, toujours pas été versé. Une situation pour le moins déroutante qui met en lumière un décalage inquiétant entre les informations affichées sur la plateforme numérique et la réalité des paiements effectifs.
Le cas pourrait prêter à sourire s’il ne révélait pas un dysfonctionnement plus profond. Car derrière ces 40 dinars (oui il s’agit bel et bien de cette modique somme d’argent) attendus depuis près de quatre mois, se profile une question de fond qui est la suivante : comment expliquer de tels délais pour des montants aussi insignifiants? Et surtout que dire des dossiers plus lourds, impliquant des sommes bien plus importantes et des patients parfois en situation de vulnérabilité ?
Entre lenteurs administratives, problèmes de trésorerie et défaillances organisationnelles, les causes possibles sont multiples. Mais pour les affiliés, l’essentiel est ailleurs.
Ils attendent des réponses concrètes et, notamment, des remboursements effectifs dans des délais raisonnables.



