La Grèce, État membre de l’espace Schengen, a récemment annoncé une réforme de son régime de visas de travail, introduisant trois nouvelles catégories destinées à attirer les travailleurs qualifiés venus de pays tiers, dont la Tunisie. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à pallier la pénurie de main‑d’œuvre spécialisée et à renforcer l’attractivité du pays sur le plan économique et technologique.
La réforme, mise en œuvre dans le cadre de la nouvelle législation entrée en vigueur en février 2026, inclut notamment la création du Visa Tech, du Visa Talent et d’un visa spécifique pour le personnel technique spécialisé, destinés à faciliter l’entrée et le séjour en Grèce des professionnels hautement qualifiés hors Union européenne.
Le Visa Tech est pensé pour les travailleurs spécialisés employés par des startups enregistrées au sein du registre national grec des jeunes entreprises. Il permet aux bénéficiaires de résider et de travailler en Grèce pour une durée initiale pouvant aller jusqu’à 12 mois, avec possibilité de renouvellement. L’objectif est de soutenir l’écosystème des technologies émergentes en attirant des talents internationaux dans des secteurs innovants.
Le Visa Talent, quant à lui, cible les candidats très qualifiés titulaires d’un diplôme de niveau master ou plus, qui souhaitent se rendre en Grèce pour explorer des opportunités professionnelles dans leurs domaines d’expertise. Bien qu’il n’offre pas directement l’autorisation de travailler, ce visa autorise un séjour d’une année pour chercher un emploi ou établir une activité professionnelle, offrant ainsi une porte d’entrée facilitée sur le marché du travail grec.
En outre, un troisième type de visa a été introduit pour les personnels techniques engagés dans des projets d’envergure, notamment ceux nécessitant des investissements supérieurs à 10 millions d’euros. Ce dispositif permet à des spécialistes étrangers d’intégrer temporairement des équipes projet pour contribuer à des programmes industriels, technologiques ou d’infrastructure stratégiques, renforçant ainsi le rôle de la Grèce dans des filières clés.
Dans le but d’augmenter encore l’attractivité du pays pour les travailleurs étrangers, la législation grecque prévoit aussi un assouplissement des conditions d’accès à la carte bleue européenne. Cette carte, qui permet de séjourner et travailler dans l’espace de l’Union européenne, voit sa durée de validité portée à trois ans, avec possibilité de renouvellement pour la même période. De plus, la période minimal de contrat nécessaire pour être éligible à la carte bleue a été réduite, offrant ainsi des perspectives de stabilisation à plus long terme pour les professionnels étrangers présents sur le territoire grec.
Ces mesures s’inscrivent dans un contexte où de nombreux pays européens durcissent leurs politiques migratoires, mais où la Grèce fait le choix inverse en assouplissant ses procédures pour les travailleurs qualifiés. En facilitant l’entrée de ces profils, Athènes vise à répondre à des besoins structurels du marché de l’emploi, notamment dans les secteurs de la technologie, de la recherche scientifique et des industries de pointe.
Pour les Tunisiens et autres ressortissants de pays tiers, ces nouvelles catégories de visas représentent une opportunité significative pour travailler en Europe dans des domaines spécialisés. Les diplômés tunisiens, notamment ceux issus des filières technologiques ou scientifiques, pourraient ainsi bénéficier d’un cadre d’accueil plus favorable qu’auparavant pour s’installer temporairement ou durablement en Grèce. Cette évolution ouvre de nouvelles perspectives de mobilité professionnelle au sein de l’espace européen hors des voies traditionnelles de migration.
Les autorités grecques espèrent que cette stratégie contribuera à stimuler l’innovation, renforcer la compétitivité du pays et combler des pénuries de compétences qui freinent actuellement la croissance économique. En attirant une main‑d’œuvre qualifiée venue d’horizons divers, la Grèce cherche à se positionner comme une destination de choix pour les talents internationaux, tout en renforçant son intégration dans l’économie numérique mondiale.



