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Carbone bleu : un projet de 2 millions d’euros pour préserver les herbiers marins en Tunisie

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  • 20 mars 09:54
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Carbone bleu : un projet de 2 millions d’euros pour préserver les herbiers marins en Tunisie

Le Fonds français pour l’environnement mondial et le Fonds Mondial pour la Nature France ont lancé un nouveau projet dédié à la protection des herbiers de posidonie et au développement du carbone bleu en Tunisie, avec un investissement d’un million d’euros.

Baptisé « PENELOPE » et doté d’un budget global de 2 millions d’euros, dont la moitié financée par le FFEM, ce programme vise à préserver les herbiers de posidonie, des écosystèmes marins essentiels pour la biodiversité, la pêche et l’atténuation du changement climatique, a indiqué jeudi l’Ambassade de France en Tunisie.

Endémiques de la Méditerranée, les herbiers de posidonie (Posidonia oceanica) sont des plantes marines à fleurs qui forment de vastes prairies sous-marines. Bien qu’ils ne couvrent qu’une superficie estimée entre 25 000 et 50 000 km², soit environ un quart des fonds marins côtiers, ils jouent un rôle crucial dans le stockage du carbone et la régulation des écosystèmes, selon L’initiative pour les Zones humides méditerranéennes (Medwet).

Ces véritables « forêts sous-marines » assurent également des fonctions écologiques majeures, en offrant abri et nourriture à de nombreuses espèces, en stabilisant les fonds marins et en limitant l’érosion des côtes. Toutefois, leur forte sensibilité aux pressions humaines ( pollution, surpêche, espèces invasives) ainsi qu’au changement climatique, les expose aujourd’hui à une dégradation croissante.

En Tunisie, comme dans l’ensemble du bassin méditerranéen, ces herbiers, appelés localement « Dhrii », ont connu un recul notable ces dernières années.

Selon l’Agence de protection et d’aménagement du littoral, cette régression est principalement liée à la pêche illicite, notamment le chalutage, à la prolifération d’espèces introduites, à l’aquaculture côtière et à la pollution chimique. Le phénomène est particulièrement marqué dans le Golfe de Gabès, réputé pour ses herbiers tigrés.

Malgré leur importance écologique, ces écosystèmes ne bénéficient pas encore en Tunisie d’un cadre juridique spécifique de protection, contrairement à d’autres pays méditerranéens, dont la France, où ils sont reconnus comme éléments remarquables du patrimoine naturel littoral.

En février dernier, des Journées consacrées aux herbiers de posidonie en Tunisie ont été organisées à Tunis par le bureau du Fonds Mondial pour la Nature en Afrique du Nord, avec la participation des ministères de l’Environnement, de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche.

L’élaboration d’une feuille de route nationale pour la protection et la restauration des herbiers de posidonie a constitué la principale recommandation issue de ces assises, dans le cadre d’une démarche visant à renforcer la préservation de ces écosystèmes marins stratégiques.

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Auteur

La Presse

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