La pénurie de beurre observée sur le marché tunisien s’explique principalement par la baisse structurelle de la production de lait et la diminution de sa teneur en matières grasses, a indiqué le vice-président de la Chambre nationale de l’industrie du lait et des dérivés, Ali Klabi.
Intervenant mercredi 25 mars 2026 sur les ondes de Jawhara FM, Klabi a précisé que le beurre, en tant que sous-produit du lait, est directement affecté par toute contraction de la production laitière. “Lorsque la production de lait recule, la quantité de beurre disponible diminue mécaniquement”, a-t-il expliqué.
Selon lui, cette situation résulte d’un déséquilibre persistant entre les coûts de production et le prix du lait à la ferme, inchangé depuis novembre 2022. “Cette stagnation des prix a fortement pénalisé les éleveurs, les contraignant à réduire leurs dépenses, notamment en alimentation animale”, a-t-il souligné.
Cette réduction des intrants a eu pour conséquence une baisse du taux de matières grasses dans le lait, élément essentiel à la production de crème, elle-même indispensable à la fabrication du beurre. “Aujourd’hui, la teneur en matières grasses est insuffisante, ce qui limite les volumes de crème et, par conséquent, de beurre”, a-t-il ajouté.
Face à cette situation, Klabi a tiré la sonnette d’alarme sur l’état de la filière laitière nationale, qu’il qualifie de “critique”. Il a rappelé que le secteur faisait vivre près de 112 000 agriculteurs en 2021, tout en indiquant que, selon des données récentes du ministère de l’Agriculture, environ 20 % du cheptel aurait disparu.
Dans ce contexte, il a appelé le président de la République, Kaïs Saïed, à intervenir en urgence pour sauver la filière. Il préconise notamment une révision du prix du lait à la production, avec une augmentation progressive de 300 millimes. Une mesure qu’il estime nécessaire pour soutenir les producteurs, tout en veillant à limiter l’impact sur le pouvoir d’achat des consommateurs.
La filière laitière tunisienne, déjà fragilisée par la hausse des coûts et l’érosion du cheptel, se trouve ainsi à un tournant décisif, où des ajustements rapides apparaissent indispensables pour éviter une aggravation des pénuries sur le marché.



