La Tunisie aurait engagé, au cours des premiers mois de 2026, un approvisionnement en pétrole brut et produits pétroliers azerbaïdjanais, selon des données officielles publiées par le Comité national des douanes d’Azerbaïdjan. Les statistiques indiquent qu’en janvier‑février 2026, environ 61 300 tonnes de pétrole brut et dérivés ont été exportées vers la Tunisie pour une valeur totale de 29,5 millions de dollars. Ces chiffres confirment l’existence de flux commerciaux énergétiques directs entre Bakou et Tunis.
Bien que les autorités tunisiennes n’aient communiqué aucun détail officiel sur cette opération, certains experts, dont Sami Jallouli, considèrent cette démarche comme un choix stratégique. Dans un récent post sur sa page Facebook, Jallouli a souligné que le pétrole azerbaïdjanais Azeri Light est léger et compatible avec les spécifications techniques de la raffinerie de Bizerte, tout en offrant des garanties de stabilité d’approvisionnement grâce à des contrats à long terme et un trajet sécurisé, évitant les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb.
D’un point de vue économique, cette orientation pourrait présenter plusieurs avantages pour la Tunisie dont : la stabilité des approvisionnements, indispensable pour un pays fortement dépendant des importations pétrolières, l’optimisation des coûts grâce aux facilités de paiement et à la qualité du pétrole, compatible avec les infrastructures existantes, et l’indépendance géopolitique relative, en contournant des zones de tension maritimes majeures.
Cependant, la quantité importée reste modeste par rapport aux volumes totaux des exportations azerbaïdjanaises vers l’Europe et d’autres marchés internationaux, ce qui soulève la question de l’impact réel sur l’approvisionnement national. Certains analystes pourraient également considérer que, sans confirmation officielle ni détails contractuels, l’opération reste partiellement hypothétique et doit être suivie pour mesurer ses effets économiques et stratégiques.
Si la Tunisie décidait de renforcer cette coopération, plusieurs scénarios sont envisageables: l’expansion de la raffinerie de Bizerte ou la construction d’une nouvelle unité en partenariat avec SOCAR, le géant énergétique azerbaïdjanais, la promotion d’investissements conjoints, assortis d’incitations fiscales, pour transformer la Tunisie en un hub régional de raffinage et de distribution, et la diversification des marchés d’exportation, en utilisant l’Azerbaïdjan comme porte d’entrée vers l’Asie centrale et le Caucase pour les produits tunisiens.
Globalement, cette opération pourrait constituer une stratégie pertinente si elle est confirmée et accompagnée de mesures de sécurisation des approvisionnements, d’optimisation logistique et d’intégration industrielle. Toutefois, sa réussite dépendra de la capacité des autorités tunisiennes à officialiser les contrats et à engager des partenariats industriels robustes.



