Gestion des déchets en Tunisie : défi de taille et pertes colossales
Réduire le coût croissant des déchets et minimiser leurs impacts sur la santé et sur l’environnement s’avère l’un des défis majeurs auxquels la Tunisie fait face.
C’est ce qu’ont révélé aujourd’hui, lundi 2 février les experts en environnement et en recyclage au micro de la Radio Nationale.
Ace titre, M. Hamdi Châabane, expert en recyclage et tout en indiquant que chaque année, la Tunisie produit environ 3 millions de tonnes de déchet, il a précisé que ce volume pourrait dépasser les 5 millions de tonnes par an d’ici 2050.
L’intervenant a, dans ce sens, pointé du doigt une mauvaise gestion, tant au niveau central que local. Une mauvaise gestion qui, selon l’expert, a été exacerbée par une dispersion du pouvoir de décision entre le ministère de l’Environnement et les municipalités.
De son côté, l’expert en environnement M. Mehdi Abdelli a souligné que la politique tunisienne reste hélas dépendante de l’enfouissement : « Plus de 90 % des déchets ménagers finissent dans des décharges.
Le taux de recyclage ne dépasse pas 7 % de la production totale et le secteur de la valorisation reste marginal en l’absence de politiques publiques claires », a-t-il laissé entendre. A ce titre, M. Abdelli a insisté sur l’urgence de réviser et d’actualiser le cadre législatif régissant le secteur.
Des pertes colossales Selon les dernières données de la Banque mondiale, la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) produit plus de 155 millions de tonnes de déchets par an.
La production par habitant dans la région, dépasse la moyenne mondiale. Ceci engendre des pertes environnementales de 7,2 milliards de dollars annuels.
En effet, dans son rapport intitulé « La gestion des déchets en MENA », la Banque mondiale prévient que, sans une restructuration urgente, ce volume pourrait doubler d’ici 2050.
Bien que les taux de collecte soient relativement élevés, le taux de recyclage effectif dans la région reste inférieur à 10 %, menaçant donc la santé publique, l’environnement et le secteur touristique… Abir Chemli