Crise des médicaments : Le Président passe de la visite aux décisions
Le Président de la République, Kaïs Saïed, a présidé, hier 25 mars, au palais de Carthage, une réunion avec Mme Sara Zaafrani Zenzri, Cheffe du gouvernement, M. Mustapha Ferjani, ministre de la Santé, et M. Issam Lahmar, ministre des Affaires sociales.
Cette rencontre fait suite à la visite effectuée par le Chef de l’État à la clinique de la Caisse nationale de sécurité sociale à El Omrane ainsi qu’au siège de la Pharmacie centrale, où il a pris connaissance de la réalité des services de santé et des difficultés croissantes rencontrées par les citoyens pour y accéder, notamment en ce qui concerne l’obtention des médicaments essentiels et spécifiques. Il a également constaté les pénuries enregistrées et les ruptures récurrentes de certains médicaments, ainsi que les charges supplémentaires qui en découlent pour les patients.
Le Président de la République a souligné que le traitement de ces situations ne peut être conjoncturel ou partiel, mais qu’il nécessite l’adoption d’une nouvelle vision du système de sécurité sociale et de couverture sanitaire, fondée sur les principes de justice et d’équité.
Le Chef de l’État a également estimé que les structures publiques de santé sont aujourd’hui elles-mêmes « malades », en raison de blocages, de dysfonctionnements et d’accumulations héritées du passé, ce qui impose de rompre avec leurs causes et d’œuvrer, dans le cadre d’une vision de réforme profonde, cohérente et intégrée, à leur redressement conformément aux attentes du peuple.
Dans ce contexte, le Président de la République a insisté sur la nécessité de lutter fermement contre toutes les formes de corruption et de mauvaise gestion dans le secteur des médicaments, un secteur vital directement lié à la santé des citoyens. Il a appelé à renforcer les mécanismes de contrôle et d’inspection, ainsi qu’à consacrer la transparence à travers la généralisation des systèmes numériques permettant de tracer les circuits de distribution des médicaments et d’en garantir la bonne gestion.
Le Chef de l’État a, en outre, donné ses instructions pour assurer immédiatement les ressources financières nécessaires à la Pharmacie centrale, afin de rétablir un rythme normal d’approvisionnement du marché national, parallèlement à la constitution d’un stock stratégique de médicaments, notamment vitaux et spécifiques. Il a également mis en avant l’importance stratégique de réduire la dépendance vis-à-vis de l’étranger dans ce domaine, soulignant que la Tunisie dispose de nombreuses compétences, capables non seulement de formation, mais aussi de production et d’exportation.
Il a ajouté que si ces compétences rayonnent à travers le monde, le développement de l’industrie pharmaceutique au niveau national renforcerait davantage le rayonnement international de la Tunisie et profiterait directement au peuple tunisien.



