Un conseil ministériel restreint consacré au développement du système de transport public s’est tenu ce lundi 12 janvier 2026 au Palais du gouvernement à la Kasbah, sous la présidence de la cheffe du gouvernement Sarra Zafrani Zanzeri.
Cette réunion s’inscrit dans le cadre du suivi continu du processus de développement du transport public dans l’ensemble de ses modes. À l’ouverture des travaux, la cheffe du gouvernement a souligné que la réforme du transport public ne relève pas de solutions conjoncturelles ou partielles, mais constitue un choix stratégique de l’État. Elle vise à engager des réformes structurelles d’un système fortement dégradé par des politiques cumulées au cours des dernières décennies, ce qui impose sa reconstruction sur des bases solides et durables.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une stratégie globale accompagnée d’un plan d’action à court, moyen et long termes, conformément à la vision du président de la République Kaïs Saïed. Elle prévoit également l’allocation des budgets nécessaires à l’investissement dans le secteur du transport public, considéré comme une artère vitale de l’économie tunisienne et une priorité de l’État dans l’exercice de son rôle social et économique.
Les discussions ont porté sur la reconstruction du secteur public du transport en général et du transport terrestre en particulier, ainsi que sur l’amélioration des performances de ses établissements et de la qualité des services fournis aux citoyens, afin de répondre à leurs besoins et de leur garantir des conditions de déplacement plus confortables.
Dans ce contexte, la cheffe du gouvernement a affirmé que l’État œuvre actuellement, à court terme, à la mise en place de solutions urgentes pour atténuer les difficultés rencontrées par les citoyens dans leurs déplacements sur l’ensemble du territoire national. Ces mesures portent notamment sur le renouvellement du parc de bus et des rames de métro, qui a connu une forte dégradation au cours des dernières décennies, dans l’attente de l’achèvement du processus de redressement de ce secteur vital, presque démantelé dans plusieurs régions du pays.
Le ministre du Transport Rachid El Amri a présenté un exposé détaillé sur les difficultés structurelles qu’a connues le secteur du transport public terrestre, en raison de choix et de politiques antérieures ayant entraîné une faiblesse des investissements et une dégradation avancée des infrastructures et du parc de transport. Cette situation a provoqué une hausse significative des coûts de maintenance et une baisse sans précédent des taux de disponibilité dans certaines sociétés régionales de transport.
Pour faire face à ces difficultés à court terme, un programme d’investissement urgent pour le renouvellement du parc a été lancé. À ce titre, le ministre a annoncé l’arrivée de 461 nouveaux bus, qui seront réceptionnés par lots au cours du premier trimestre 2026, à partir de la fin du mois en cours. Ces bus seront répartis de manière équitable entre les régions selon des critères objectifs et transparents, couvrant l’ensemble du territoire national, aussi bien pour le transport urbain qu’interurbain. Cette répartition tiendra compte des besoins réels de chaque région et du principe de priorité, notamment pour désenclaver plusieurs zones et alléger les difficultés de déplacement des citoyens.
Outre cette dotation, le conseil a décidé d’autoriser les sociétés régionales de transport et la Société nationale de transport interurbain à acquérir 621 nouveaux bus au titre de l’année 2026, dans le cadre d’un appel d’offres international. Cette acquisition comprend des bus pour le transport urbain et régional, des bus polyvalents destinés au transport scolaire, universitaire et de formation, des minibus pour le désenclavement des zones à relief difficile, ainsi que des bus climatisés pour le transport interurbain afin de renforcer l’intégration et la connectivité entre les régions et les territoires.
Le conseil a également décidé d’assurer une répartition équitable de ces bus entre toutes les régions du pays, sur la base de critères clairs, afin de mettre un terme aux difficultés de déplacement à l’intérieur des villes et entre elles, conformément aux orientations du président de la République. Il a également été décidé de mettre en place un programme de maintenance des bus acquis ou programmés à l’acquisition, d’en assurer le suivi régulier et de veiller à la réalisation des opérations de maintenance périodique nécessaires.
Par ailleurs, le conseil a décidé d’accélérer la digitalisation du secteur du transport à travers l’amélioration de l’exploitation et de la gestion du service public, notamment par l’adaptation de la programmation aux flux réels de déplacement et l’adoption d’applications dédiées à la gestion du carburant, de la maintenance et des stocks. Il est également prévu d’améliorer l’information des voyageurs par l’installation d’écrans dans les grandes stations, le développement d’applications mobiles et la mise en place d’un portail électronique des lignes affichant les horaires en temps réel d’arrivée des moyens de transport, afin de faciliter l’organisation des déplacements avec plus de précision et de confort.
La cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d’accompagner l’investissement dans les équipements de transport terrestre d’une vision réformatrice intégrée couvrant l’ensemble des composantes du système de transport public. Elle a souligné l’importance d’améliorer sa gouvernance, de restructurer les entreprises publiques concernées, de développer les infrastructures, de promouvoir un transport public durable et d’assurer un équilibre entre le transport routier et les autres modes de transport, en particulier le transport ferroviaire, reconnu pour sa meilleure rentabilité. Le développement et la modernisation du transport ferroviaire, urbain et interurbain, demeurent ainsi un choix stratégique de l’État.
En conclusion des travaux, la cheffe du gouvernement a affirmé que la politique de l’État dans le secteur du transport connaîtra une transformation fondamentale par rapport aux orientations adoptées au cours des décennies précédentes, dans le cadre d’une vision réformatrice globale visant à améliorer la qualité du transport public et à répondre aux attentes légitimes des citoyens.