Patricia Reichman, cinquante-neuf ans, a été évincée de Leefbaar Rotterdam, parti localiste dont le nom signifie littéralement « Rotterdam vivable », après avoir diffusé des visuels de campagne la représentant dans la vingtaine, au point de la rendre méconnaissable, une manipulation qu’elle a pourtant catégoriquement niée.
Le parti a réagi par un communiqué sans ambiguïté : « Il est manifeste que la photographie a fait l’objet de retouches approfondies par intelligence artificielle et ne reflète pas la réalité. » Il a exigé qu’elle restitue son siège ; faute de réponse, il s’est résolu à se désolidariser publiquement d’elle.
La défense avancée par l’élue n’a fait qu’aggraver la controverse. Interrogée par la presse néerlandaise, dont le quotidien Algemeen Dagblad, elle a soutenu que le cliché retouché était fidèle à sa véritable apparence, imputant son aspect actuel à une médication, et promettant de retrouver sa jeunesse à l’issue du traitement.
Élue en mars dernier pour représenter le district de Blijdorp-Bergpolder-Liskwartier, Reichman entend néanmoins conserver son mandat en tant qu’indépendante. Son exclusion illustre les tensions croissantes entre les usages de l’intelligence artificielle et les exigences de transparence dans les campagnes électorales.



