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De la Sicile à la Tunisie, la tempête Harry sème morts et lourds dégâts en Méditerranée

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  • 21 janvier 18:19
  • 5 min de lecture
De la Sicile à la Tunisie, la tempête Harry sème morts et lourds dégâts en Méditerranée

La tempête Harry, un puissant système dépressionnaire ayant traversé le bassin central de la Méditerranée, a provoqué ces derniers jours des conditions météorologiques extrêmes dans plusieurs pays riverains, laissant derrière elle des victimes, d’importants dégâts matériels et une forte mobilisation des autorités. De la Sicile à la Tunisie, vents violents, vagues géantes et pluies torrentielles ont mis à rude épreuve les zones côtières et les infrastructures.

En Italie, et plus particulièrement en Sicile, la tempête s’est traduite par une mer exceptionnellement agitée. Sur plusieurs secteurs du littoral, les vagues ont atteint jusqu’à 8 à 9 mètres de hauteur, rendant la navigation impossible et exposant les ports et digues à une forte houle destructrice.

À Palerme, Catane ou encore sur la côte nord de l’île, les images diffusées par les médias et sur les réseaux sociaux montrent des fronts de mer submergés, des quais balayés par les flots et des embarcations endommagées.

Face à ces conditions dangereuses, les autorités locales ont procédé à la fermeture de certaines zones côtières et appelé la population à éviter tout déplacement non essentiel, notamment à proximité de la mer. La tempête Harry a également affecté d’autres territoires du bassin méditerranéen, notamment Malte et la Corse, avec des rafales dépassant localement les 100 km/h et une instabilité atmosphérique marquée.

Les services météorologiques européens décrivent un épisode hivernal d’intensité notable, renforcé par des masses d’air très humides, favorisant des précipitations abondantes et des phénomènes violents en mer comme sur terre.

En Tunisie, l’impact de la tempête a été particulièrement sévère. Les pluies intenses et continues ont provoqué des crues soudaines dans plusieurs régions, entraînant des inondations meurtrières.

Quatre décès ont été officiellement annoncés et confirmés à Moknine, dans le gouvernorat de Monastir, à la suite de la montée rapide des eaux. Plusieurs routes ont été coupées, des quartiers isolés, et les équipes de la Protection civile ont été fortement sollicitées pour porter assistance aux habitants et sécuriser les zones à risque. Le gouvernorat de Nabeul figure parmi les régions les plus touchées sur le plan matériel.

D’importants dégâts ont été enregistrés dans plusieurs délégations, notamment Grombalia, Soliman, Hammamet, Béni Khiar et Kélibia. À Soliman, la montée des eaux a provoqué des infiltrations dans de nombreuses habitations, compliquant la situation pour les résidents et causant des dommages significatifs aux biens.

Au port de Béni Khiar, la situation a été jugée particulièrement critique. Selon des informations relayées par des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, environ 30 petits bateaux de pêche e ont coulé ou ont été gravement endommagés.

Les propriétaires font face à de lourdes pertes matérielles, tandis que des plongeurs, pêcheurs et habitants se sont mobilisés pour tenter de retrouver et de sécuriser les embarcations touchées. Face à la persistance de l’instabilité météorologique, l’Institut national de la météorologie a maintenu, pednalt les journées du lundi et mardi, l’alerte rouge dans plusieurs régions, dont le Grand Tunis, Nabeul, Monastir, Bizerte et Sousse.

Les autorités recommandent d’éviter les oueds, les zones basses et toute activité maritime, appelant à la plus grande prudence. Alors que la tempête Harry poursuit son évolution, cet épisode rappelle la vulnérabilité accrue des zones côtières méditerranéennes face à des phénomènes météorologiques de plus en plus intenses, soulignant l’importance d’une anticipation renforcée et de dispositifs de prévention adaptés pour protéger les populations et les infrastructures.

Mais au-delà du bilan humain et matériel, le passage de la tempête Harry pose avec acuité la question de l’anticipation et de l’efficacité des systèmes d’alerte, notamment en Tunisie.

De nombreux habitants des zones touchées, en particulier dans les gouvernorats de Nabeul et de Monastir, affirment avoir été surpris par la rapidité et la violence des intempéries.

Certains se sont retrouvés bloqués sur les routes ou dans leurs habitations, sans information claire ni consignes précises en amont. Cette situation met en lumière des failles dans la diffusion des alertes et la communication du risque, malgré les bulletins météorologiques existants.

Elle relance le débat sur la nécessité de renforcer les mécanismes d’alerte précoce, d’améliorer la coordination entre institutions et de développer une véritable culture de prévention, afin d’éviter que de tels épisodes ne se transforment à l’avenir en drames humains et sociaux.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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