gradient blue
gradient blue
A la une Economie

Tunisie : comment combler un déficit de 11 milliards de dinars ?

  • 9 février 18:39
  • 3 min de lecture
Tunisie : comment combler un déficit de 11 milliards de dinars ?

Les besoins de financement de l’économie tunisienne connaissent une hausse inquiétante, et cela commence à peser sur le quotidien des entreprises et des citoyens. Selon l’analyste financier Moez Hadidane, le déficit budgétaire de l’État pour l’année 2026 est estimé à environ 11 milliards de dinars, un chiffre qui souligne l’ampleur du défi auquel le pays est confronté.

Définir une stratégie claire

Lors de son passage ce lundi sur Express Fm, Hadidane a expliqué que cette situation coïncide avec la volonté de l’État de réduire l’emprunt extérieur pour privilégier l’emprunt intérieur.

Ce choix, qui peut sembler technique, a des conséquences très concrètes pour l’économie.

D’un côté, il est perçu comme un moyen de renforcer la souveraineté nationale, de limiter la dépendance aux financements étrangers et de rembourser la dette avec moins de devises.

De l’autre, il peut donner la priorité au financement de l’État au détriment de l’économie réelle, notamment des petites et moyennes entreprises, essentielles à la vitalité économique du pays.

Selon Hadidane, cette orientation risque de freiner les investisseurs privés, limitant l’investissement et, par conséquent, la croissance et la création de richesse. Il a également souligné que les grandes banques privées, par prudence, tendent à privilégier le financement de l’État, jugé plus sûr, au détriment des entreprises et des projets économiques locaux, particulièrement en cette période où les demandes de report ou de restructuration de dettes se multiplient.

L’analyste a insisté sur le fait que le déficit courant structurel du pays ne peut être couvert uniquement par les recettes du tourisme ou les transferts financiers des Tunisiens à l’étranger. Pour combler ce déficit, la Tunisie doit recourir au financement extérieur, qu’il s’agisse de prêts, d’investissements directs étrangers ou d’investissements de portefeuilles financiers. Selon lui, l’investissement direct étranger est particulièrement crucial, car il contribue à renforcer les finances publiques et à maintenir la stabilité économique.

Trois grandes orientations…

Moez Hadidane a en outre précisé que l’État dispose de trois grandes orientations pour l’emprunt extérieur : le financement du budget, le financement des projets publics et les prêts destinés à être rétrocédés aux entreprises publiques.

Si les prêts destinés au budget ont diminué ces trois dernières années, les autres types de financements ont continué à progresser.

L’analyste a conclu en soulignant l’urgence pour l’État de mettre en place de nouveaux mécanismes de financement pour les entreprises afin de stimuler l’investissement, tout en définissant une stratégie claire pour gérer le déficit budgétaire.

Il a insisté sur la nécessité de réorienter les subventions vers ceux qui en ont réellement besoin, de rationaliser les dépenses non essentielles et de donner la priorité à l’investissement dans les infrastructures.

Selon lui, seule une vision intégrée et cohérente pourra attirer l’investissement direct étranger et assurer une croissance durable pour le pays.

Lire aussi:  Tunisie : double déficit, double pression sur votre porte-monnaie
Auteur

R. I

You cannot copy content of this page