Petite enfance en Tunisie : Le cri d’alarme d’Anis Ounallah face à la dérive des jardins d’enfants
Dans une déclaration qui lève le voile sur les zones d’ombre du secteur de l’enfance, le directeur de l’inspection au ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, Anis Ounallah, a dénoncé avec fermeté l’anarchie qui règne dans certains établissements. Entre flou juridique et laisser-aller collectif, le constat est sans appel.
L’illusion de la « classe préparatoire »
Anis Ounallah a tenu à clarifier une situation qui induit de nombreux parents en erreur. Selon le haut responsable, la dénomination de « section préparatoire » ou « classe préparatoire » au sein des jardins d’enfants privés est une pure invention dépourvue de toute légitimité juridique. Il rappelle que le cadre réglementaire actuel, défini par le cahier des charges des jardins d’enfants, ne reconnaît aucunement cette appellation. En réalité, l’année préparatoire relève exclusivement de la tutelle du ministère de l’Éducation. Cette confusion de termes est souvent utilisée par des structures privées pour masquer un manque de rigueur pédagogique ou pour justifier des tarifs non réglementés.
La banalisation de l’inacceptable
Au-delà du cadre légal, c’est un phénomène social inquiétant que pointe du doigt le directeur de l’inspection. Il évoque une véritable « normalisation sociétale » face aux infractions. Selon ses observations, les manquements — qu’ils soient d’ordre sécuritaire ou éducatif — sont de moins en moins perçus comme des anomalies par les citoyens. Ce qui constituait autrefois une ligne rouge est devenu, avec le temps, une pratique tolérée par des familles souvent acculées par le manque de solutions de garde alternatives. Cette acceptation passive des défaillances fragilise gravement la mission de contrôle de l’État.
Un secteur sous haute surveillance
Les rapports d’inspection mettent en lumière des réalités préoccupantes au sein de nombreux établissements. Les services du ministère recensent quotidiennement l’accueil d’enfants dans des locaux non conformes, le dépassement systématique des capacités d’accueil autorisées et l’emploi d’un personnel dont la qualification ne répond pas aux exigences du métier. Face à cette situation, Anis Ounallah a réitéré l’engagement du ministère à multiplier les descentes sur le terrain et à appliquer des sanctions strictes, allant jusqu’à la fermeture immédiate de tout espace anarchique mettant en péril l’intégrité physique ou psychique des mineurs.



