La faiblesse des salaires et la quête d’une amélioration des conditions de vie constituent les principales motivations de l’émigration des infirmiers tunisiens, selon une étude publiée par l’Institut de santé et de sécurité au travail (ISST). Respectivement 84,6 % et 76,9 % des professionnels de santé interrogés ont cité ces facteurs comme causes majeures de leur départ à l’étranger.
Publiée dans la revue de janvier 2026 de l’Institut, cette enquête met également en lumière d’autres déterminants structurels poussant le personnel paramédical à l’exil. Ainsi, 57,7 % des participants ont pointé l’absence d’évolution professionnelle continue, tandis que 53,8 % ont dénoncé des conditions de travail difficiles. Le manque de reconnaissance des efforts professionnels a également été évoqué par 38,5 % des sondés.
Concernant les destinations privilégiées, l’Europe absorbe la majeure partie de ces flux migratoires. L’Allemagne arrive en tête avec 40,4 % des départs, suivie du Canada (28,8 %) et de l’Italie (21,2 %).
Menée par un groupe de médecins du travail des hôpitaux Habib Thameur (Tunis) et régional de Zaghouan, l’étude s’est basée sur un échantillon de 52 infirmiers ayant émigré depuis au moins six mois. L’enquête s’est déroulée entre le 15 mars et le 15 avril 2024. La majorité des sondés (48 sur 52) exerçaient dans le secteur public avant leur départ.
L’analyse sociodémographique révèle un âge moyen de 33,4 ans avec une légère prédominance masculine (31 hommes pour 21 femmes). Le fait que 27 des 52 participants soient mariés suggère que les engagements familiaux pèsent lourdement dans la décision de quitter le pays pour assurer un avenir meilleur. Les spécialités les plus touchées par cette hémorragie sont les urgences (17 personnes) et l’anesthésie-réanimation (15 personnes).