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Editorial

Un capital humain responsabilisé

  • 20 janvier 17:00
  • 3 min de lecture
Un capital humain responsabilisé

Le pari du rééquilibrage socioéconomique fixé pour 2006 est, plutôt, légitime même s’il est quelque peu audacieux, pour ne pas dire complexe, surtout que la conjoncture ne semble guère favorable et que l’environnement est loin d’être totalement aménagé. N’oublions pas que notre économie commence à retrouver à peine, des couleurs, que la majorité de nos secteurs productifs est en pleine phase de restructuration et que nos finances «militent» encore pour rattraper leur équilibre.

A l’international, la situation est, de son côté, peu accommodante avec des turbulences géopolitiques, de plus en plus manifestes et des pressions commerciales toujours fortes.

D’ailleurs, le Président de la République reconnaît, lui-même, qu’en dépit des importants indicateurs réalisés jusque-là, le chemin reste long et les obstacles sont toujours multiples pour espérer prétendre à un modèle de développement fini et défini ou une croissance réellement ressentie par le citoyen. Il faut encore aller de l’avant et consentir davantage d’efforts, notamment dans notre lutte contre les circuits parallèles, les réseaux de distribution, les lobbies et leurs relais, la spéculation et, d’une manière plus large, les différentes formes de dysfonctionnement qui continuent à nuire, sensiblement, à l’économie nationale.

Pour peaufiner ce tableau et instaurer les bases d’un développement résilient, il est important de s’attaquer aux chantiers prioritaires. A ce stade, l’élargissement du niveau de productivité se place désormais comme un besoin stratégique. Certes, l’on convient que, depuis quelque temps, notre appareil productif marche mieux, mais il est encore loin de sa vitesse de croisière, aussi bien en termes de quantité que de qualité. Un tel enjeu repose toutefois, comme on l’a déjà soulevé dans ces mêmes colonnes,  sur notre capacité à améliorer le contenu technologique des secteurs à haute valeur ajoutée, à relocaliser nos industries et à garantir une offre locale concurrentielle, capable de réduire, même progressivement, notre dépendance aux produits étrangers et sécuriser, du coup, nos approvisionnements.

L’autre défi devrait porter, de toute évidence, sur la consolidation des ressources financières nationales qui, malgré une nette évolution, ne sont pas encore en mesure de répondre aux exigences de nos choix stratégiques nationaux, tels que la transition énergétique, la numérisation et la maîtrise des nouveaux modèles économiques. Cela suppose, certainement, le maintien d’une discipline budgétaire rigoureuse, en mesure de revaloriser les ressources propres de l’Etat et de garantir l’autonomie financière.

Autant donc d’engagements importants qui, pour être bien conduits, nécessitent un capital humain performant, et surtout responsabilisé. Et sur ce point, il faut reconnaître que beaucoup reste à faire. Le niveau de désengagement et d’oisiveté demeure assez élevé, un constat qui semble révolter, à chaque fois, le Chef de l’Etat, qui réaffirme la nécessité d’accélérer encore plus la purge administrative. Sinon d’engager la relève.

Auteur

Anis SOUADI

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