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Société

Éducation : Un système en quête de renouveau !

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  • 20 janvier 17:45
  • 5 min de lecture
Éducation : Un système en quête de renouveau !

L’école publique gratuite et inclusive à laquelle chacun eut droit n’est plus ce qu’elle était. Grande formatrice de générations de compétences sollicitées, très reconnues dans les sphères des sciences, de la médecine et des technologies, cette école tunisienne semble avoir pris le contrepied. L’éducation d’antan n’est qu’un lointain souvenir !

La Presse — Bon nombre d’enseignants, censés être des messagers du savoir et de valeurs, sont devenus de faux prophètes, ayant failli à leur mission. Et des élèves, indisciplinés et impulsifs, se font souvent passer pour de mauvais apprenants, agissant à leur guise. Le sacro-saint temple scolaire est si tellement profané qu’il a perdu de son estime et de son image, érigé en fief de violence et de malveillance. C’est-à-dire un milieu de plus en plus insécurisé, où règne, sans scrupules, tout comportement à risque! Pourquoi en est-on arrivé là ?!

Trois questions au ministère

La question n’est guère aussi complexe, d’autant qu’elle réveille les démons d’une réforme qui fut, à maintes reprises, engagée, mais sans succès. Certes, la réflexion sur un nouveau modèle d’école ne date pas d’hier. Et les initiatives similaires qui ont dû le repenser étaient aussi multiples. Cela fait cinq fois, depuis l’indépendance, que l’on remet ce sujet sur le tapis. Et le débat sur l’éducation en Tunisie n’en finit pas de faire du bruit.

Le dernier en date étant, alors, la consultation nationale en ligne lancée par le Président Kaïs Saïed, ayant réuni sur la Toile près de 700 mille citoyens autour des axes fédérateurs liés essentiellement aux programmes d’enseignement, au système d’évaluation et à la révision du temps scolaire, la qualité de l’enseignement et la digitalisation, ainsi que l’égalité des chances et l’apprentissage tout au long de la vie. Ce fut un pas en avant, mais on ne voit, jusque-là, rien venir.

Et maintenant que l’on se trouve devant le fait accompli, on est en droit de se poser, du moins, trois questions : Où sont passés les fonds colossaux investis dans des esquisses de réforme sur papier? Pourquoi on est encore dans l’expectative ? A qui profite cette crise de l’éducation si persistante? Cela étant, le ministère de tutelle est appelé, en premier lieu, à revoir sa copie et mettre le paquet, afin de concrétiser le meilleur des choix déjà recommandés. Sans pour autant faire cavalier seul, car l’approche participative est toujours de mise. Enseignants, élèves, parents et bien d’autres acteurs intervenants devant être de la partie.

Samedi dernier, l’Institut arabe des droits de l’homme (Iadh) et celui des chefs d’entreprise (Iace) sont convenus de relancer un nouveau dialogue sociétal, passant en revue les enjeux sociaux, les défis économiques et les perspectives de développement durable. Pourtant, tout étant clair et précis, dans la mesure où la réforme du système éducatif n’a plus besoin d’autant de réflexion. C’est que les projets précédents avaient établi une feuille de route et tracé les contours de l’école de demain. Il ne reste, alors, qu’à passer à l’action.

Faut-il changer nos choix et nos politiques ?!

Evoquant cette question, Abdelbasset Hassan, président de l’Iadh, a dressé, de nouveau, l’état des lieux d’un secteur éducatif en crise multidimensionnelle. Selon lui, cela se traduit principalement par la baisse des taux de scolarisation, la détérioration des indicateurs de qualité de l’enseignement et la faiblesse des dépenses publiques allouées au secteur, comparativement aux pays à revenu élevé.

Ce qui est, tout à fait, évident. A cela s’ajoutent d’autres défis non des moindres : transformations démographiques, changements climatiques, augmentation des taux de pauvreté et de chômage, en particulier parmi les diplômés de l’enseignement supérieur.

Et bien que l’emploi soit l’objectif ultime de l’éducation, tout comme la formation, l’université tunisienne, quant à elle, ne s’ouvre pas sur le marché du travail. D’autant plus qu’il existe encore des spécialités en difficulté d’intégration professionnelle, engendrant ainsi un chômage de longue durée. Pour sa part, le directeur exécutif de l’Iace, Majdi Hassan, a pointé du doigt la forte pression exercée sur le marché de l’emploi, en raison  des demandes accrues pour certaines professions telles que la médecine, les sciences infirmières et l’ingénierie informatique.

Pour y arriver, il importe d’avoir une volonté politique et un engagement professionnel et moral. Avec pour trois idées clés : qualité, équité et intégration. Ce trio conceptuel consacre l’essence de la réforme, voire sa philosophie, qui devrait être appliquée dans un contexte mondialisé, en synergie avec nos considérations nationales.

Faut-il changer nos choix et nos politiques ?! La reprise du rôle social de l’Etat, à quoi s’en tient souvent le président de la république, pourrait recentrer le débat et remettre sur les rails ce projet de réforme éducative tant attendu.

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Auteur

Kamel FERCHICHI

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