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Economie

Industrie pharmaceutique : Fragilité structurelle généralisée

  • 3 avril 18:33
  • 3 min de lecture
Industrie pharmaceutique : Fragilité structurelle généralisée

L’industrie pharmaceutique semble de plus en plus en difficulté. Dysfonctionnements au niveau de la production, ruptures de stock de plus en plus fréquentes, délocalisation des principales multinationales et fragilité structurelle assez généralisée. Autant de défaillances qui semblent forcer l’engagement d’une restructuration globale du secteur, dans son ensemble.

La Presse — Les pénuries, assez fréquentes des médicaments, notamment spécifiques, commencent à pénaliser sérieusement le marché local et menacer même l’équilibre de la couverture sociale. Un diagnostic qui remet en cause non seulement notre politique d’approvisionnement et de stockage mais également, l’industrie pharmaceutique dans son ensemble qui semble incapable de gérer les exigences du marché local.

Pour l’export, il vaut mieux ne pas en parler ! Pourtant, notre industrie compte 40 usines couvrant plus de 80 % du besoin national en volume, plus de 300 unités de recherche scientifiques et plusieurs structures d’externalisation. Sans parler des multinationales qui commencent, malheureusement, à vider les lieux.

Les observateurs estiment, à cet effet, que notre industrie connaît des difficultés structurelles profondes, ce qui justifie cette fragilité au niveau de la production. Et ce sont surtout les problèmes financiers qui ont affecté, sérieusement, la production, largement pénalisée par l’importance du déséquilibre entre les prix des médicaments, en état de gel depuis des années, et le coût évolutif de la production, notamment des matières premières.

Ce souci financier a réduit significativement les marges de manœuvre de nos laboratoires qui ne sont plus en mesure de soutenir le rythme de la demande, d’améliorer le niveau de l’offre et, encore moins, innover pour réduire notre dépendance aux produits étrangers et alléger les charges financières. Et il faut dire que l’état d’opérationnalité de la Pharmacie Centrale, notre principal importateur des médicaments spécifiques, a accentué les difficultés du marché dans son ensemble.

Un approvisionnement défaillant

La Centrale Nationale des Médicaments connaît, depuis quelque temps, un déclin préoccupant. On parle ainsi de désorganisation, de manque de visibilité et plus grave d’un cumul de dettes assez conséquent.

D’ailleurs, lors de ses visites récentes au siège de la Pharmacie Centrale et à la clinique de la Cnss, le Chef de l’Etat n’a pas manqué de donner toute sa mesure à l’urgence d’identifier la parade adéquate pour corriger rapidement les défaillances structurelles au niveau de l’approvisionnement.

Il faut reconnaître, toutefois, que la Pharmacie Centrale n’est pas le seul responsable, étant donné que la délocalisation des principales multinationales pharmaceutiques, faute de souplesse administrative, d’incitations financières et même d’attractivité, n’a pas seulement fragilisé le secteur mais aussi et surtout réduit sa marge de production des médicaments et traitements innovants.

Un cumul de contraintes qui justifie, donc, toute la délicatesse de notre industrie stratégique.Un tel diagnostic peu rassurant semble forcer l’accélération de l’engagement, dans le cadre de la stratégie industrielle et d’innovation 2035, de toute une restructuration globale du secteur pharmaceutique.

Une restructuration qui devrait miser, essentiellement, sur la réactivation de la dynamique d’investissements innovants, l’amélioration du niveau d’attractivité, le développement de la recherche et développement et la garantie de la bonne gouvernance.

Auteur

Anis SOUADI

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