Conseil de Presse: une nouvelle charte nationale fixe les règles d’utilisation de l’IA
Le Conseil de la presse a présenté, lundi 16 février 2026, la Charte nationale pour l’usage de l’intelligence artificielle dans le journalisme, en partenariat avec le Syndicat national des journalistes tunisiens, au siège du syndicat. Cette initiative marque une étape majeure dans l’encadrement de l’intelligence artificielle au sein des médias tunisiens.
Élaborée en collaboration avec des professionnels du secteur, cette charte fixe un cadre éthique et professionnel clair. Elle vise à faire de l’IA un outil au service de la qualité du travail journalistique, tout en garantissant le droit du citoyen à une information fiable, diversifiée et contextualisée. Le texte insiste sur un principe fondamental : l’intelligence artificielle doit rester un outil d’assistance et ne peut en aucun cas se substituer au jugement humain ni aux règles déontologiques. Le journaliste demeure l’unique responsable, sur les plans juridique et moral, du contenu publié.
Transparence, vérification et protection des données
La charte met l’accent sur l’obligation d’informer le public. Toute utilisation de l’intelligence artificielle dans une production écrite, audiovisuelle ou numérique doit être clairement signalée tout au long du processus éditorial.
Le document impose également une vérification systématique des contenus générés par l’IA afin de prévenir les erreurs et les « hallucinations » susceptibles d’altérer la fiabilité de l’information. La sécurité et la confidentialité constituent un autre pilier du texte. Il est strictement interdit d’introduire des données sensibles, des sources confidentielles ou des données personnelles dans des outils d’intelligence artificielle tiers.
La lutte contre les biais algorithmiques figure aussi parmi les priorités. Les rédactions sont appelées à faire preuve d’une vigilance constante afin d’éviter la reproduction de stéréotypes ou de discriminations.
Opportunités professionnelles et garde-fous éthiques
Le Conseil de la presse souligne que l’intelligence artificielle représente une opportunité stratégique pour les médias, notamment grâce à ses capacités accrues de recherche, d’analyse de données complexes et d’optimisation éditoriale. Toutefois, il met en garde contre une utilisation non encadrée, qui pourrait entraîner une perte de fiabilité, une uniformisation des contenus et une dilution de la responsabilité éditoriale.
Pour prévenir ces dérives, la charte impose le respect strict des droits d’auteur lors de l’entraînement des modèles d’intelligence artificielle, une transparence maximale vis-à-vis du public et l’adoption par chaque rédaction d’une charte éditoriale interne, idéalement rendue publique.
Vers un nouveau contrat de confiance avec le public
Au-delà de l’aspect technique, le Conseil de la presse considère que l’intégration de l’intelligence artificielle dans le journalisme doit s’inscrire dans un nouveau contrat de confiance entre les médias et les citoyens. L’IA doit contribuer à renforcer la rigueur de la vérification et la qualité de l’information, afin de garantir à chaque Tunisien un accès à une information sûre, qu’elle soit produite par un journaliste seul ou avec l’assistance de la machine.