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Tunisie, Égypte, Sénégal… : la BERD identifie les économies les plus fragilisées par le conflit en Iran

  • 26 mars 11:56
  • 3 min de lecture
Tunisie, Égypte, Sénégal… : la BERD identifie les économies les plus fragilisées par le conflit en Iran

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a placé la Tunisie parmi les pays les plus exposés aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, selon son rapport publié jeudi 26 mars 2026.

La banque a prévenu qu’elle pourrait réviser à la baisse ses prévisions de croissance pour plusieurs marchés émergents d’environ 0,4 point de pourcentage, si les prix de l’énergie restent à leur niveau élevé actuel. Jusqu’ici, la BERD tablait sur une croissance de 3,6 % en 2026 et 3,7 % en 2027 pour une quarantaine de pays relevant de son champ d’action.

Selon l’institution, l’ampleur de l’impact dépendra de la durée du conflit et des dégâts subis par les infrastructures énergétiques. La BERD souligne que la hausse du coût de l’énergie, des engrais et des denrées de base, combinée à la perturbation des chaînes d’approvisionnement, du tourisme et des transferts financiers depuis les pays du Golfe, pourrait aggraver l’inflation et exercer une pression accrue sur les budgets publics et l’accès au financement.

Le maintien du prix du pétrole au-dessus de 100 dollars le baril et la persistance des perturbations des chaînes d’approvisionnement pourraient provoquer une hausse de l’inflation mondiale de plus de 1,5 point.

La BERD identifie comme économies les plus affectées : le Liban, la Jordanie, l’Irak, l’Égypte, l’Ukraine, la Mongolie, le Sénégal, la Tunisie, la Moldavie, le Kenya, la Turquie et la Macédoine du Nord. Les facteurs pris en compte incluent l’énergie, l’alimentation et la capacité financière à absorber les chocs.

Par ailleurs, l’institution relève que l’Égypte, le Maroc et le Sénégal connaissent des déficits énergétiques importants, tandis que des pays tels que l’Azerbaïdjan, l’Irak, le Kazakhstan, la Mongolie et le Nigeria disposent de surplus énergétiques allant de 11 % à 39 % du PIB, mais subissent des interruptions de production, notamment dans les principaux champs pétroliers irakiens.

La BERD estime en outre que chaque hausse de 10 dollars du baril de pétrole génère pour la Russie des revenus exceptionnels équivalant à 1,5 point de PIB en 2025, et que le prix du pétrole pourrait atteindre 180 dollars le baril si les approvisionnements du Golfe restent restreints, du fait de la lente réaction de la demande mondiale aux variations soudaines de l’offre.

L’institution conclut que la Tunisie et d’autres économies émergentes devront composer avec une pression accrue sur leur croissance, leurs finances publiques et la stabilité des marchés dans ce contexte de forte instabilité énergétique et géopolitique.

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Auteur

R. I

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