Artichauts : une production résiliente malgré les difficultés structurelles
Véritable bastion de l’artichaut tunisien, le gouvernorat de Manouba lutte pour maintenir son rang. Entre stress hydrique chronique et impératifs de modernisation, la filière cherche un second souffle.
Une production stable
Pour la campagne actuelle, le gouvernorat de la Manouba a consacré 400 hectares à la culture de l’artichaut. Les prévisions de récolte, estimées entre 7 000 et 8 000 tonnes, confirment la robustesse du secteur : près de 40 % de cette manne est déjà destinée à l’exportation et la transformation industrielle, portées par cinq unités régionales capables de traiter 10 tonnes par jour.
Toutefois, ce dynamisme bute sur une réalité géographique implacable Autrefois leader incontesté du bassin de la Basse Medjerda, la Manouba occupe désormais la deuxième place nationale derrière Bizerte, victime collatérale d’un plan de rationnement de l’eau rigoureux appliqué depuis 2016.
Un écosystème sous haute tension
Lors de la 4ème édition du Festival de l’Artichaut, experts et producteurs ont dressé un constat sans concession sur les maux qui rongent la filière et qui sont liés à un manque d’eau critique en été, couplé à des épisodes de crues hivernales dévastatrices (49 hectares récemment inondés par l’Oued Chgafa), une hausse de la salinité et une désaffection préoccupante des jeunes agriculteurs pour cette culture exigeante.
L’innovation comme rempart au déclin
Face à l’érosion des surfaces cultivées — passées de 4 500 hectares en 2016 à seulement 1 470 hectares au niveau national en 2024 — le Centre Technique de la Pomme de Terre et de l’Artichaut (CTPTA) prône un virage technologique.
« Le salut passe par l’adoption de variétés hybrides », affirme l’ingénieur Foued Abdelhak. Certes plus onéreuses, ces variétés offrent une productivité supérieure, une meilleure résistance aux maladies et une tolérance accrue aux sols pauvres.
Il y a lieu de souligner que la Tunisie, qui est actuellement 8ème producteur à l’échelle mondiale, ne veut pas perdre son ancrage historique qui remonte à 1830.