EMA-i+ : futur bouclier contre les maladies animales et zoonotiques en Tunisie ?
Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, œuvre actuellement, en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à l’intégration de l’application Event Mobile Application (EMA-i+), outil numérique permettant aux services vétérinaires et agents de terrain de signaler en temps réel des maladies animales, dans le dispositif national de surveillance épidémiologique.
Cet outil développé par la FAO face aux défis croissants liés à la prévention, à la détection précoce et à la gestion des maladies animales et zoonotiques, permet un signal rapide et précis des cas de maladies, renforçant ainsi l’efficacité et la fiabilité du système d’alerte et garantissant une intervention rapide pour limiter les pertes économiques et les risques sanitaires.
L’objectif étant, selon la FAO, de moderniser le système national de surveillance épidémiologique, de renforcer la résilience du secteur vétérinaire tunisien et d’améliorer la capacité du pays à anticiper et à répondre efficacement aux menaces sanitaires émergentes.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Pandemic Fund « Soutenir la Tunisie dans la mise en œuvre de la prévention, de la préparation et de la réponse aux pandémies » (PPR) dans le cadre d’une approche « Une seule santé », mis en œuvre conjointement par la FAO, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Banque mondiale (BM), en coordination étroite avec le ministère de la Santé et le ministère de l’Agriculture de ressources hydrauliques et de la pêche.
Dans ce cadre, une session de formation de formateurs s’est tenue du 10 au 13 février 2026, sur l’utilisation de l’application EMA-i+ et de la plateforme nationale EMPRES-i+, une plateforme sécurisée, développée par la FAO et qui permet au pays de gérer, sauvegarder et analyser ses données épidémiologiques, de surveiller les foyers de maladies et d’améliorer la gestion et le contrôle des maladies grâce à des informations issues de sources multiples.
Cette session avait pour objectifs de présenter ces outils, de renforcer les capacités des participants dans leur utilisation opérationnelle, de définir les rôles et responsabilités des différents acteurs afin d’établir un circuit clair et structuré de l’information sanitaire, et de tester la version préliminaire de l’outil EMA-i+ dans des conditions pratiques.
Cette formation s’inscrit dans la continuité de la mission de cadrage organisée en octobre 2025, qui avait posé les bases du programme de renforcement des capacités. Cette première phase s’est notamment articulée autour de la sensibilisation des parties prenantes aux avantages et à l’utilisation de l’EMA-i+, de l’identification du cadre politique et de gouvernance des données nécessaire à son déploiement, ainsi que de l’évaluation de sa valeur ajoutée et de sa faisabilité en Tunisie. Elle a également permis d’élaborer une feuille de route en vue d’une intégration durable de l’outil dans le système national d’information sanitaire.
La formation de formateurs a été suivie de deux formations intensives sur l’utilisation de l’application EMA-i+, organisées les 16 et 17 février 2026 à Sousse, au profit de l’ensemble des services vétérinaires régionaux des quatre zones pilotes (CRDA et CPA), des vétérinaires du secteur privé, ainsi que des laboratoires nationaux, notamment l’Institut de la Recherche Vétérinaire de Tunisie (IRVT), l’École Nationale de Médecine Vétérinaire (ENMV) et la Commission Nationale de Veille Zoosanitaire (CNVZ).
Les participants à cette formation provenaient des régions pilotes de Nabeul, Kairouan, Kasserine et Gabès. Les formations ont été animées par des experts de la FAO, en collaboration avec des représentants des services vétérinaires déjà formés, afin d’assurer une diffusion progressive et efficace des compétences à l’échelle nationale, de favoriser l’appropriation durable de l’outil et d’en garantir la pérennité.