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Supplément Economique

Ecosystème de l’innovation: L’équilibre fragile des startup 

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  • 15 décembre 2021
  • 5 min de lecture
Ecosystème de l’innovation: L’équilibre fragile des startup 

L’absence de financement est invariablement citée comme étant le premier frein au développement et à la consolidation des startup  et illustre leurs difficultés à prendre leur envol.


Derrière leur côté glamour, les startup sont de fragiles PME en mal de clients et de trésorerie. Cette situation sera pire encore dans un contexte plus délicat à cause des crises économiques et financières que connait notre pays depuis plus d’une décennie. Elles se retrouvent souvent confrontées à la méfiance d’investisseurs peu familiers des business-modèles des startup et qui restent très attachés aux indicateurs financiers traditionnels.

Avec la pandémie liée au coronavirus, l’ardoise s’alourdit davantage avec l’ignorance répandue de l’Etat pour traiter les sujets prioritaires les plus urgents à l’instar de la stabilité sécuritaire, sociale, politique…et récemment sanitaire au détriment des dossiers économiques. Le secteur des TIC ne fait pas exception à cette règle. Résultat : la majorité des entreprises existantes, y compris les PME et les startup, font face, aujourd’hui, à des difficultés économiques sérieuses et à des risques de plus en plus nombreux qui peuvent, s’ils ne sont pas correctement gérés et maîtrisés, représentant des menaces pour leur survie.  En tête de ces difficultés : le vide juridique, le problème de financement, la lourdeur des procédures administratives et l’internationalisation. C’est du moins ce que pensent les intervenants et les participants à une session spéciale sur le thème « Entreprises et Startups : Quelles Interactions? », tenue dans le cadre de la 35e édition des journées de l’entreprise.

Des défis s’imposent…

En Tunisie, on compte, aujourd’hui, pas moins de 600 startup  labellisées ‘’Startup Act’’, alors que pratiquement, il existe entre 1.500 et 2.000 startup créées outre les incubateurs et on pourrait compter aussi entre 7.500 et 10.000 postes d’emplois créés par les startup. En effet, la crise du covid-19 était une opportunité pour l’innovation, qui, à son tour, était au cœur de la gestion de la pandémie durant laquelle beaucoup d’initiatives ont été développées pour lutter contre cette crise sanitaire, ce qui confirme la capacité de réaction par rapport à l’innovation du pays. Mais dans le numérique comme ailleurs, on ne meurt pas parce qu’on a une mauvaise idée, mais parce qu’on a une mauvaise trésorerie. C’est souvent faute de business model que les jeunes entrepreneurs échouent. Donc, ce qui reste à bonifier, c’est la partie financement. L’absence de financement est invariablement citée comme étant le premier frein au développement et à la consolidation des startup  et illustre leurs difficultés à prendre leur envol. Pour dépasser cette entrave, on espère qu’on peut avoir un jour un fonds dédié aux programmes de prospection et d’accompagnement des startup  tunisiennes en Afrique et bien évidement à l’international. Il est aussi temps de créer des fonds destinés au soutien des startup, et ce, pour assurer leur survie afin de sortir du cadre de startup vers une PME.

Les idées ne manquent pas, mais le portefeuille client n’est pas très ouvert : le marché tunisien est très réduit alors que la compétition est énorme. Et tant qu’on est très petit, on ne peut pas résister face aux grandes entreprises qui accaparent la part du lion et ne laissent que des miettes aux petites startup, surtout celles qui sont encore à leur début. Avec le modèle économique qui passe par une crise majeure, même les grandes entreprises ont commencé à souffrir. Sur un autre plan, assurer des structures d’appui et d’accompagnement reste une condition sine qua non pour profiter d’une formidable énergie d’entreprendre qui a saisi le continent africain. Il fallait donner aux entrepreneurs les moyens pour relever leurs propres défis. Il faut, également, mettre en place une vision claire et une stratégie solide pour aider les entrepreneurs à aller découvrir de nouveaux marchés. Il est, également, temps de se pencher sur la possibilité d’ouvrir la voie aux startup  pour qu’elles puissent participer, en partie et selon un pourcentage fixé par l’Etat, aux appels d’offres internationaux. Pour conclure, Startup Act ne peut qu’aider les startup  pour qu’elles connaissent un véritable envol et être une vraie source de richesse pour le pays. Mais pour rester sur la bonne voie, il faut identifier les lacunes existantes pour passer du bien au mieux…Il n’y a aucun parcours qui se déroule sans des moments difficiles, sans des périodes de doutes, sans échecs. Ce qui fait la différence, c’est la force mentale et la volonté de dépasser cela. Prendre des risques pour avancer est nécessaire et cela peut ne pas marcher à tous les coups. Aujourd’hui, eu égard à l’ambiance générale dans notre pays, le défi à relever est de se convaincre qu’ensemble, on peut aller beaucoup plus loin. Lorsqu’on adhère à cette logique, tout le monde y gagne.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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