Ils ont dit
Nefaâ Ennaïfer, membre
du bureau exécutif de l’Institut arabe des chefs d’entreprises
« Le secteur textile-habillement en Tunisie fait face à de nombreuses difficultés en raison de l’absence de visions claires et un manque accru de la main-d’œuvre. Le retard pris dans les opérations de recyclage des déchets, l’absence d’avantages légaux et la bureaucratie sont parmi les problèmes majeurs que traverse ce secteur. A mon sens, l’évolution du secteur textile dépend étroitement de la stabilité politique et économique et le positionnement de la Tunisie en vue d’attirer davantage les investisseurs, outre l’adoption d’une vision et d’une stratégie claire anticipative. Les exportations du secteur textile-habillement ont augmenté de 22% en dinars, ce qui permet à la Tunisie de dépasser le chiffre réalisé au cours des cinq premiers mois de l’année 2019, c’est-à-dire, avant le début de la pandémie, contre une évolution de 23,3% en euros durant les cinq premiers mois de l’année en cours, soit 3.700 millions d’euros. Les exportations des vêtements ont atteint 3.050 millions de dinars. La grande part est partie vers le marché européen, soit environ 93% des exportations tunisiennes y sont destinées. Le jean tunisien est placé à la 4e position. La qualité du jean tunisien lui a permis de devenir le 4e jean le plus cher par rapport à ses homologues fabriqués au Maroc et en Turquie, dépassant ainsi le seuil de 18 euros. La Tunisie est devancée par la Chine en matière d’exportations des vêtements de travail et de sécurité ».
Abdelkader Boudriga, président du Cercle des financiers
tunisiens
« Revenant sur le rapport du groupe financier américain Bloomberg, l’expert financier a indiqué qu’il ne s’agit pas d’un rapport qui porte sur les pays menacés de faillite, mais il s’agit plutôt d’une évaluation des pays en défaut de paiement. Ce risque de défaut de paiement a augmenté de 20 à 25%, à cause de la dégradation de la note souveraine de la Tunisie par les agences de notation Fitch Ratings et Moody’s. Le rapport Bloomberg n’a rien apporté de nouveau. Néanmoins, il s’agit de la première fois que le groupe Bloomberg publie un rapport sur la situation économique et financière de la Tunisie. Ce qui est inquiétant, c’est son impact sur le marché financier international. La Tunisie n’est pas en situation de faillite et il est assez probable qu’elle ne puisse pas payer ses dettes à leur échéance, ce qui n’est pas synonyme de faille. La situation financière et économique s’est dégradée depuis mai 2022, et le déclassement de la Tunisie par les agences de notation augmentera ce risque de défaut de paiement pour une durée allant d’une année et demie à deux ans. Le gouvernement doit vite agir pour régulariser la situation et éviter la catastrophe ».



