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Culture

Les Prix littéraires « Zoubeida Béchir » : Les écrivaines à l’honneur !

  • 8 août 2025
  • 6 min de lecture
Les Prix littéraires « Zoubeida Béchir » : Les écrivaines à l’honneur !

Qualité, originalité et richesse stylistique en plus des thématiques engagées avec une récurrence de motifs littéraires reliés à la condition féminine et la contribution au champ littéraire contemporain sont les critères qui ont distingué les œuvres candidates.

La Presse — Le Centre de recherches, d’études, de documentation et d’information sur la femme (Credif) a organisé, le 6 août, la 30e  édition de la cérémonie de remise du prix national « Zoubeïda Béchir ». Les meilleures productions littéraires féminines de l’année 2024 sélectionnées par les jurys dans cinq catégories ont été récompensées en présence de la ministre de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Personnes âgées.

L’événement a été rehaussé par une prestation musicale de Wafa Ghorbel, accompagnée d’un ensemble dirigé par le maestro Hichem Ketari.

Zoubeïda Béchir chantée par Wafa Ghorbel

Après les allocutions d’ouverture de Mme Sonia Ben Jemia, directrice du Credif, et la ministre Asma Jebri, place à la musique. En pionnière de la poésie féminine en Tunisie, Zoubeïda Béchir, qui nous a quittés le 21 août 2011 à l’âge de 73 ans, a été la première femme tunisienne ayant publié un recueil de poèmes intitulé « Hanine » (Nostalgie). Le recueil a été préfacé par Mustapha Khraïef, célèbre poète et écrivain tunisien, qui aurait souhaité voir ces textes chantés.

Cette idée a été enfin concrétisée par Wafa Ghorbel et le maestro Hichem Ketari qui ont mis en musique six poèmes, présentés spécialement lors de cette cérémonie. Universitaire et écrivaine de renom, Wafa Ghorbel est lauréate de nombreuses récompenses littéraires, dont deux prix Comar et le prix Zoubeïda Béchir en 2017.

Elle a allié sa sensibilité de romancière à son talent de musicienne pour un spectacle de tarab fortement applaudi. L’amour, la mélancolie, le bonheur et d’autres thèmes imprégnés de l’intensité lyrique remarquable de la poétesse ont été chantés  avec une grâce expressive et une élégance raffinée. 

Par son interprétation, Wafa Ghorbel a ainsi ouvert la voie à l’adaptation musicale d’autres textes de Zoubeïda Béchir, ce qui offre une nouvelle dimension à l’œuvre originale et contribue à en immortaliser la beauté et l’émotion, en  assurant une pérennité à l’héritage poétique de l’autrice.

Le palmarès dévoilé 

Depuis sa création en 1995, le Prix national «Zoubeïda Béchir» a mis à l’honneur une pluralité d’œuvres écrites par des femmes. Au total, 44 créations littéraires en arabe, 33 créations en français, 32 recherches en arabe, 27 recherches en français, 11 recherches avec adoption de l’approche du genre et 3 scénarios. 

Liste des œuvres gagnantes cette année :

Le Prix de la création littéraire en langue arabe, doté d’un montant de 5 mille dinars, a été délivré à Emna Yahyaoui pour son roman « Aghchia tatamazzak » (Des membranes qui se rompent) édité par Arabesques. Mme Jalila Triter, la présidente du jury, a indiqué que 27 textes ont été en lice pour ce prix, entre poésie, romans et écriture de soi (autobiographie, mémoires…).

Elle a souligné que les romans ont pris le dessus pour la quantité et qu’une phase nouvelle s’annonce avec l’implication des femmes dans l’écriture autobiographique. Le Prix de la création littéraire en langue française a été attribué à Zoubeïda Khaldi pour son roman «J’ai oublié d’aimer» aux éditions Nirvana.

La présidente du jury, Mme Hedia Abdelkefi, a précisé que la sélection a porté sur 8 ouvrages en français entre poésie, fiction et essais. Elle a salué la diversité des formes et des genres et a rappelé que les critères de sélection sont la qualité, l’originalité, la richesse stylistique, les thématiques engagées, la récurrence de motifs littéraires reliés à la condition féminine et la contribution au champ littéraire contemporain.

Elle a également précisé que le choix a été difficile entre le roman gagnant et un autre titre, «Sonate d’une âme perdue» de Amel Bedoui.

Le Prix de la recherche scientifique en langue arabe avec un montant de 7 mille dinars a été attribué par Mme Samia Dridi à Hayet Rayes pour une œuvre portant sur les mères célibataires. 

Le Prix de la recherche scientifique sur la femme et l’adoption de l’approche genre, qui s’élève à 10 mille dinars, a été reçu par Soumaya Mestiri pour son livre «Pour un féminisme décentré : recadrer, résister». Mme Samia Kassab, présidente du jury, a indiqué que ce travail de recherche prône les valeurs véhiculées par le ministère, notamment l’inclusivité.

Finalement, le Prix du meilleur scénario de court métrage a été délivré par Mme Lamia Guiga à Imen Ghazouani pour le texte « Le Mal de mer ». Elle a proposé d’inclure les longs métrages pour les prochaines éditions. 

Des trophées ont été remis à la fin de la cérémonie à ceux qui ont contribué à la continuité de cet événement qui célèbre depuis trois décennies non seulement les réalisations individuelles des écrivaines tunisiennes, mais aussi le pouvoir collectif de la littérature féminine.

Il s’agit de Mabrouk Mannaï, président de jury pour les 10 éditions précédentes, Alia Bakkar, ancienne présidente de jury et lauréate de deux Prix Zoubeïda Béchir, le journaliste Hatem Bourial, Zeineb la sœur de Zoubeïda Béchir qui a permis l’accès à ses archives et Khadija Kamoun qui est parmi les fondateurs du prix depuis 1995 en sa qualité de directrice du club Taher Haddad.

Un hommage a également été rendu à  feu Taoufik Ayadi. Le trophée a été reçu par sa femme dans un grand moment d’émotion. 

Le Credif poursuit encore sa mission de soutenir et d’encourager les plumes féminines. Notons que les candidatures seront ouvertes à partir du 1er septembre pour les écrits féminins parus en 2025.

Auteur

La Presse

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