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La Tunisie face à ses détracteurs : Entre acquis et défis, l’impératif de demeurer vigilant

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  • 6 mai 2026
  • 5 min de lecture
La Tunisie face à ses détracteurs : Entre acquis et défis, l’impératif de demeurer vigilant

Entre dénonciation des alliances de circonstance et rejet des campagnes de désinformation, le Chef de l’État appelle à une mobilisation nationale. En point de mire, la sanctuarisation des acquis et l’édification d’un rempart contre tout projet de retour en arrière.

La Presse — «Le peuple tunisien n’oubliera pas ces fauteurs, tout comme il n’acceptera plus jamais aucun retour en arrière». C’est en ces termes, on ne peut plus clairs, que le Président de la République Kaïs Saïed s’est exprimé ce lundi en accueillant les présidents des deux chambres (ARP et  Cnrd), mettant ainsi en avant l’état d’esprit actuel des Tunisiens, qui refusent un retour aux années de braise. Car faut-il encore le rappeler à ceux qui ont la mémoire courte ? Notre pays a souffert, des années durant après 2011, du terrorisme, d’une ingérence étrangère flagrante et de l’effondrement total de son économie, au point qu’on n’entendait plus que cette expression : «le pays a touché le fond».

Unité des Tunisiens face aux défis actuels

Il a fallu mener une lutte acharnée contre les salafistes, les obscurantistes et les fondamentalistes de tous bords pour que le pays renaisse de ses cendres. Entre-temps, des centaines entre militaires et agents des forces de sécurité, ainsi que Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, ont été assassinés à un moment où certains acteurs politiques cherchaient à renforcer leur emprise sur le pouvoir. La Tunisie, jadis terre de paix et de tolérance où coexistaient musulmans, juifs et chrétiens, était devenue méconnaissable, se muant en un pays où des groupes terroristes imposaient leur loi. À cette époque-là, les pays étrangers se contentaient de publier des communiqués exprimant «leur regret et leur inquiétude» face à la situation en Tunisie, sans aller au-delà.

Aujourd’hui, certains protagonistes tentent d’occulter cette période sombre de l’histoire du pays, pourtant marquée par la corruption, les passe-droits et la déliquescence des institutions de l’État. Pire, et comme l’a affirmé le Chef de l’Etat à l’occasion du 70e anniversaire de la créations des Forces de sécurité intérieure, ils se contredisent et changent de position presque quotidiennement, n’hésitant pas à tourner casaque dès que leurs intérêts personnels ou politiques l’exigent, quitte à renier leurs engagements d’hier sans la moindre cohérence. Les adversaires d’hier sont ainsi devenus les alliés d’aujourd’hui, au gré des opportunités du moment, considérant l’État comme un butin de guerre à se partager et le peuple tunisien comme un simple instrument ou un otage de leurs calculs.

Le Président insiste d’ailleurs sur l’idée que les Tunisiens ne sont plus dupes, qu’ils observent, comprennent et ne se laissent pas facilement avoir, notamment par certains contenus diffusés sur les réseaux sociaux. Ils se tiennent sur un même front pour faire face aux défis qui fusent de toutes parts, soulignant que la patrie demeure en premier et dernier ressort l’expression ultime du vivre-ensemble des Tunisiens malgré la diversité et la divergence de leurs positions et approches.

Fidèle à sa ligne de conduite, Kaïs Saïed rappelle fermement que la gestion de l’État reste imperméable aux campagnes de désinformation. Les «remaniements imminents» annoncés à grand bruit, ou les murmures d’alcôve, ne sont que de futiles et vaines tentatives destinées à frelater la vérité et à minimiser l’ampleur des acquis nationaux.

Priorité de l’intérêt national et de la cohésion institutionnelle

Dans ce contexte, le Président insiste sur la nécessité de dépasser les clivages conjoncturels et de privilégier l’intérêt national, appelant à une mobilisation collective fondée sur la solidarité et la responsabilité. Il met également en avant l’importance de renforcer la cohésion interne et de consolider les institutions de l’État, condition sine qua non pour préserver la stabilité du pays et faire face aux multiples pressions et défis, qu’ils soient économiques, sociaux ou sécuritaires.

Il est vrai que la concomitance de certaines déclarations ne fait que refléter l’état de faillite et de désarroi dans lequel s’enlisent certaines parties, encore animées par la nostalgie d’un retour en arrière. Mais le peuple demeure résolu à bâtir, en toute souveraineté, son avenir à travers les institutions constitutionnelles qu’il a lui-même consacrées par sa volonté, exprimée par voie référendaire, souligne le Président. Le message s’adresse également aux élus de l’Assemblée des représentants du peuple et du Conseil national des régions et des districts, dont les présidents respectifs ont pris part à la réunion ce lundi.

Face aux intérêts particuliers, aux revendications individuelles, à l’allégeance et la dépendance vis-à-vis de l’étranger, la priorité demeure la sauvegarde de l’intérêt supérieur de la nation, dans un esprit d’unité et de responsabilité collectives.  Entre les acquis et les défis qui se profilent à l’horizon, l’impératif de demeurer vigilant s’impose comme le socle inébranlable de notre souveraineté, garantissant que chaque avancée sera protégée contre les velléités de déstabilisation et les tentatives d’un retour en arrière.

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Auteur

Samir DRIDI

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