L’usage de la VAR et l’interprétation des épisodes deviennent subjectifs et douteux. Au lieu de garantir l’équité des chances, cette technologie dérape et confirme que notre championnat est discrédité.
La Presse —La VAR, on se trouve obligé d’en parler encore et encore. Le derby tunisois CA-EST ne s’est pas joué uniquement sur le terrain, mais aussi dans les coulisses et dans les plateaux télé avec l’arbitrage controversé de Amir Loucif. La polémique soulevée par le CA quant aux deux épisodes de la fin du match non traités par la VAR a pris de l’ampleur.
C’est surtout cette main de Ben Ali sur le tir de Sghaïer qui intrigue. Le défenseur « sang et or » a changé de position de corps et a intercepté la balle qui se dirigeait vers les buts avec sa main (presque collée à son corps mais pas dans une position naturelle).
C’est un penalty qui peut être sifflé. Mais qu’il soit sifflé ou non, c’est l’attitude de Amir Loucif et de son staff VAR qui est un peu étrange. Pourquoi Loucif n’est pas allé consulter la VAR et trancher lui-même surtout que l’action litigieuse était dans son champ de vision et qu’il a pu voir clairement la main ? On parle d’un épisode déterminant qui pouvait changer le résultat du match.
Et le staff VAR, comment en une minute ou un peu plus, il a pu déduire que ce n’est pas un penalty ? Sur le penalty accordé à l’EST, qui est juste, on a vu comment Loucif s’est rué vers la VAR sur demande de son staff VAR. Les images de la main de Shili ont été répétées plusieurs fois et sur plusieurs angles. C’est cette double attitude contradictoire qui pose plus d’une question.
Où est-ce qu’on va avec cette VAR qui fait de plus en plus polémique ? Les choses vont de mal en pis avec cet instrument censé aider les arbitres et garantir les droits de chaque club. On est maintenant dans une phase sensible qui met en péril le peu de crédit de notre championnat. Celle de la manipulation des épisodes, celle de deux poids deux mesures où la VAR est sélective.
On ne traite pas les scènes de la même façon. Ce n’est pas seulement dans le derby tunisois, ça touche tous les matches depuis l’usage de cette VAR en championnat. D’ailleurs, le matériel et la qualité de l’image utilisé semblent aussi discutables.
On a le même réalisateur qui a le monopole de la VAR depuis des années, alors que le matériel et la technologie utilisés dans d’autres championnats arabes sont nettement meilleurs. Au lieu de donner une solution, cette VAR a compliqué encore les choses et attisé le feu. La raison est simple, elle devient un outil subjectif qui n’est pas géré avec équité et transparence.
C’est la réalité. Encore une fois, l’arbitre tunisien rate une chance de briller et de faire parler de lui. Et encore une fois, Loucif et ses collègues nous prouvent que la CAF et la Fifa ont raison de les ignorer. Jamel Himoudi ? Le patron des arbitres en Tunisie, lui, perd beaucoup de points depuis son arrivée. Ses frasques, ses erreurs, ses choix, sa manière de gérer les arbitres, tout cela ne rassure pas du tout. Himoudi n’est pas celui qui peut redonner le crédit et la confiance en l’arbitre tunisien. Il est très loin de l’être.

