Quand la brique ocre rencontre la bombe aérosol, Tozeur se réinvente. Sous l’impulsion de l’Association « Arts du Djérid », la cité oasienne troque ses murs nus contre une galerie à ciel ouvert.
Entre calligraphies monumentales et fresques en relief, cette métamorphose urbaine ne se contente pas d’embellir la ville : elle réveille l’âme du patrimoine local.
La Presse — Grâce au dynamisme de l’association « Arts du Djérid » à Tozeur, le Festival international des arts plastiques a réussi, au fil de ses éditions, à lancer plusieurs projets d’envergure visant à embellir la ville et à y laisser une empreinte esthétique durable.
Contrairement à d’autres festivals, cette initiative se distingue par des réalisations concrètes telles que le projet des « Coupoles calligraphiées » ou encore le projet Sannaj (lampadaires suspendus). Ces œuvres ont créé une signature visuelle unique, désormais adoptée par de nombreux projets touristiques dans la région, prouvant ainsi l’impact majeur du festival sur le développement local.
La récente session a franchi un nouveau cap avec la participation de plus de 70 artistes locaux et nationaux, ainsi que 15 artistes internationaux. Cet événement a mobilisé des professeurs et des étudiants des Instituts supérieurs des beaux-arts de Nabeul et de Gafsa.
Au-delà des expositions, le festival a instauré une dynamique urbaine à travers des ateliers vivants incluant les enfants, et des conférences animées par des docteurs spécialisés en arts plastiques et en architecture.
Le programme de cette année a littéralement redessiné la ville, à commencer par l’entrée du Jardin du poète Abou El Kacem Chebbi qui a été ornée de fresques célébrant la 91e édition du festival. Il y a aussi le service d’ophtalmologie de l’hôpital régional de Tozeur ainsi que l’école primaire de l’avenue Chebbi qui ont été embellis par des calligraphies arabes et des fresques en relief. Le clou du spectacle est schématisé par les fresques monumentales de l’artiste Iskander Taj, qui capturent l’essence des traditions et du patrimoine du Djérid.
Une ville fière de son identité
Ces œuvres de Street Art ne sont pas de simples décorations ; elles sont le reflet de l’authenticité et des racines de la région. Ce projet a suscité un immense enthousiasme tant chez les habitants que chez les touristes, redonnant à Tozeur une allure de ville fière de son histoire tout en étant résolument tournée vers l’avenir.
Malgré des moyens modestes et un soutien financier limité par rapport à d’autres festivals nationaux, l’événement de Tozeur s’impose comme un modèle de créativité et d’engagement citoyen.