Le dollar a reculé jeudi face à l’ensemble des principales devises, tout en se maintenant au-dessus de ses récents plus bas, dans un climat de nervosité persistante des investisseurs concernant la politique américaine.
Vers 16h30 GMT, l’euro progressait face au billet vert pour s’établir à 1,20 dollar, tandis que la devise américaine cédait du terrain face au yen, à 152,94 yens.
Le dollar reste sous pression pour plusieurs raisons, notamment les anticipations de nouvelles baisses des taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed), l’incertitude entourant les droits de douane et la volatilité de la politique américaine.
Selon les analystes, les inquiétudes des investisseurs liées aux politiques commerciales et géopolitiques actuellement mises en avant aux États-Unis exercent un effet potentiellement négatif sur la devise américaine.
Le billet vert a toutefois bénéficié d’un certain soutien après la décision de la Fed de maintenir ses taux d’intérêt inchangés mercredi. Le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, a évoqué une économie « solide » et des risques jugés atténués tant pour l’inflation que pour l’emploi.
Par ailleurs, des données publiées jeudi montrent que le nombre d’Américains ayant déposé de nouvelles demandes d’allocations chômage a légèrement diminué la semaine dernière, ce qui reste compatible avec un niveau relativement faible de licenciements. Toutefois, la faiblesse des embauches continue d’alimenter les inquiétudes des ménages quant à l’évolution du marché du travail.
De son côté, le président Donald Trump a affirmé jeudi que les États-Unis devraient actuellement afficher des taux d’intérêt nettement plus bas, voire les plus bas au monde, même si certains analystes n’anticipent pas de baisse des taux à court terme.
En Europe, la récente appréciation de l’euro au-dessus du seuil clé de 1,20 dollar suscite l’inquiétude des responsables de la Banque centrale européenne (BCE), qui ont mis en garde contre les effets potentiellement déflationnistes d’une hausse rapide de la monnaie unique.
Des économistes estiment que la vigueur de l’euro pourrait accentuer l’impact déflationniste de la machine exportatrice chinoise et contraindre la BCE à sortir de sa « zone de confort », la poussant vers de nouvelles baisses de taux.