Si les précipitations diluviennes de ces deux dernières semaines ont durement éprouvé les infrastructures et les cultures dans plusieurs régions, elles ont constitué une aubaine pour les réserves en eau des ouvrages hydrauliques du pays.
Les intenses épisodes pluvieux, déclenchés par une première dépression atmosphérique il y a une dizaine de jours et qui ont balayé le Nord, le Cap Bon, le Centre et le Sud, ont bénéficié essentiellement aux barrages du Cap Bon qui se sont remplis à 100%, avec des apports dépassant les 70 millions de m³. Cette dynamique positive s’est confirmée lors du week-end dernier. Les barrages de Zarga (Béja) et d’El Moula (Tabarka) ont ainsi atteint 70 % de leur capacité de rétention.
Le barrage Barbara (Jendouba) a fait le plein, tandis que celui de Sidi El Barrak (Nefza) s’est hissé au-delà de 80 %. À Bizerte, le barrage de Joumine a vu son niveau s’établir à 40 %. Par ailleurs, la crue de l’Oued Medjerda laisse présager une amélioration substantielle des réserves du barrage de Sidi Salem, le plus grand de notre pays et pilier stratégique du système hydraulique tunisien.
Au-delà des grands ouvrages, cette pluviométrie généreuse a permis de revitaliser de nombreux lacs collinaires qui sont essentiels pur la reconstitution des nappes phréatiques et les cultures maraîchères.
À ce jour, le taux moyen de remplissage des barrages tunisiens a franchi la barre des 42 %, avec un volume global des apports en eau atteignant 930 millions de m³, ce qui représente 300 millions de m³ de plus par rapport à la même période l’année dernière.
Selon l’expert agricole Aniss Ben Rayana, les prévisions pluviométriques pour les deux prochains mois devraient permettre de franchir le seuil symbolique du milliard de mètres cubes. Cette hausse des réserves en eau des barrages est de bon augure. Elle devrait sensiblement desserrer l’étau sur le réseau de distribution et sécuriser l’approvisionnement en eau potable à l’approche de la saison estivale. Imen