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Banques tunisiennes : croissance du crédit limitée et rentabilité sous pression en 2026, selon S&P Global Ratings

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  • 3 février 10:11
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Banques tunisiennes : croissance du crédit limitée et rentabilité sous pression en 2026, selon S&P Global Ratings

L’agence de notation internationale S&P Global Ratings anticipe une croissance modérée du crédit bancaire en Tunisie en 2026, reflétée par une progression des prêts d’environ 3 % par an, une tendance directement liée à une croissance économique jugée timide et à un environnement de marché encore contraint. Cette prévision, publiée dans le rapport Tunisian Banking Outlook 2026: Slow Economic Growth Constrains Earnings, met en lumière les principaux défis structurels auxquels le secteur bancaire tunisien est confronté.

Selon S&P, ce faible rythme d’expansion des crédits s’inscrit dans un contexte de croissance du produit intérieur brut (PIB) modeste, estimée à environ 1,7 % en 2026, approche qui reflète la lenteur de la reprise économique et la faible dynamique des investissements tant publics que privés. L’absence de progrès significatifs dans les réformes structurelles constitue un obstacle supplémentaire à une relance plus vigoureuse des activités bancaires.

L’agence souligne toutefois quelques éléments positifs, notamment une reprise de la consommation privée et une récente baisse des taux directeurs par la Banque centrale de Tunisie, qui ont contribué à alléger le coût des emprunts pour les ménages et les entreprises. Malgré cela, l’inflation reste relativement élevée et les normes d’octroi de crédit des banques sont encore jugées insuffisantes, ce qui maintient le coût du crédit à un niveau élevé pour les emprunteurs.

Un autre point d’attention important mis en avant par S&P concerne la qualité des actifs bancaires, avec un niveau élevé de créances douteuses (NPL) qui devrait représenter près de 16 % du portefeuille de prêts total au cours des prochains 12 à 24 mois. Cette situation pèse sur la capacité des banques à absorber les pertes et limite leur flexibilité financière, d’autant plus que les retards dans la mise en œuvre de réformes réglementaires ralentissent la radiation des anciens prêts non performants.

La rentabilité du secteur est également pointée comme un facteur contraint : la réduction du taux directeur n’est pas suffisante pour compenser l’impact des réseaux d’agences étendus et des structures de coûts rigides qui absorbent une part importante des revenus. De plus, la Tunisie accuse un certain retard dans la digitalisation des services bancaires, comparé à ses pairs des marchés émergents, ce qui limite davantage le développement de revenus non traditionnels et réduit l’efficacité opérationnelle.

Sur le plan de la capitalisation, S&P relève que bien que les ratios de solvabilité se soient légèrement améliorés récemment, la capacité des banques à renforcer significativement leurs fonds propres reste faible, compte tenu des risques macroéconomiques persistants et de la pression sur les marges. De plus, plusieurs petites banques continuent de fonctionner en dessous des exigences minimales d’adéquation des fonds propres, ce qui soulève des questions sur la résilience de l’ensemble du secteur face aux chocs économiques.

Finalement et non moins important, en matière de financement, les dépôts de la clientèle, principale source de ressources pour les banques tunisiennes, devraient croître d’environ 5 % en 2026, mais restent insuffisants pour couvrir l’ensemble des besoins en prêts. Cette insuffisance oblige souvent les établissements à recourir au refinancement auprès de la Banque centrale de Tunisie, en raison de la taille limitée du marché des capitaux locaux et d’un accès restreint aux financements extérieurs.

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Auteur

La Presse

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