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Assurance et réassurance – « 18e RDV de Carthage » – Prévenir, anticiper, protéger : Le secteur s’adapte face à la montée des risques

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  • 4 février 20:00
  • 7 min de lecture
Assurance et réassurance – « 18e RDV de Carthage » – Prévenir, anticiper, protéger : Le secteur s’adapte face à la montée des risques

Ouvrant les travaux de la conférence, la ministre des Finances, Michket Slama Khaldi, a rappelé que la Tunisie, en raison de son appartenance au bassin méditerranéen, figure parmi les pays les plus exposés aux changements climatiques.

La sécheresse représente plus de la moitié des catastrophes naturelles enregistrées historiquement, tandis que les inondations ont généré près de 60 % des pertes économiques, avec un coût pouvant atteindre jusqu’à 1,9 % du PIB.

La Presse — Le « 18e RDV de Carthage », conférence internationale dédiée aux débats sur les enjeux et défis du secteur de l’assurance et de la réassurance, s’est clôturé hier à Tunis. Organisé par la Fédération tunisienne des sociétés d’assurances (Ftusa), la Fédération générale arabe des assurances (Gaif) et la Société tunisienne de réassurance (Tunis Re), l’événement s’est tenu du 1er au 3 février autour du thème : « Sécuriser l’avenir dans un monde en mutation : innover, prévenir et renforcer la résilience ».

Une thématique qui reflète, selon la ministre des Finances, Michket Slama Khaldi, un besoin pressant ainsi qu’un choix stratégique visant à bâtir un système assurantiel fondé sur la durabilité, l’inclusion et la confiance.

Des risques de plus en plus récurrents et imprévisibles 

Présente à la cérémonie d’ouverture, la ministre a axé son allocution sur le rôle appelé à se renforcer du secteur de l’assurance dans le développement économique, mais aussi dans la promotion de la justice sociale et la protection des individus, des entreprises et de l’État.

« Ce thème illustre la transformation profonde que connaît le secteur de l’assurance, en train de passer d’une logique fondée sur l’indemnisation après sinistre à un nouveau modèle reposant sur la prévention, l’anticipation et la gestion des risques.

Autant de facteurs fondamentaux pour la construction d’une économie plus résiliente et d’une société plus sûre », a-t-elle précisé.

Dans ce contexte, la ministre a souligné que le monde actuel est de plus en plus exposé aux risques, notamment ceux liés à l’accélération des changements climatiques, aux défis économiques et financiers, ainsi qu’aux transformations technologiques disruptives.

Une réalité qui impose au secteur de l’assurance de dépasser son rôle traditionnel pour adopter une approche globale intégrant la prévention, la planification en amont et le renforcement des capacités de résilience. Cette évolution se traduit également par des chiffres concrets.

Se référant à plusieurs rapports internationaux, la ministre a indiqué que les pertes engendrées par les catastrophes naturelles ont dépassé, ces dernières années, leurs moyennes historiques, atteignant, pour certaines périodes, des records supérieurs à 100 milliards de dollars.

« Cela reflète une transformation structurelle de la nature des risques liés aux changements climatiques », a-t-elle commenté.

À l’échelle nationale, Michket Slama Khaldi a rappelé que la Tunisie, du fait de son appartenance au bassin méditerranéen, figure parmi les pays les plus exposés à ces changements climatiques.

La sécheresse représente ainsi plus de la moitié des catastrophes naturelles enregistrées historiquement, tandis que les inondations ont généré près de 60 % du total des pertes économiques. Les grandes catastrophes naturelles peuvent, par ailleurs, coûter jusqu’à 1,9 % du PIB.

Les secteurs les plus touchés sont des secteurs vitaux, tels que l’agriculture, les infrastructures et le tourisme, tandis que les populations les plus vulnérables en subissent l’impact le plus lourd.

Des mesures pour moderniser le secteur 

Ce constat a, d’après la ministre, conduit la Tunisie à faire de la gestion des risques liés aux catastrophes naturelles (Cat Nat) une priorité nationale, dans la mesure où une compréhension approfondie de ces risques permet une meilleure anticipation et une réduction de leurs effets économiques et sociaux.

Dans le cadre d’une approche inclusive visant à renforcer la résilience de l’économie à travers la prévention, l’adaptation et la mise en place de mécanismes efficaces de protection financière, le gouvernement a ainsi déployé un ensemble de mesures, incluant le renforcement des systèmes de gestion des risques et le développement d’outils innovants de financement et d’assurance des catastrophes naturelles.

Misant également sur une meilleure coordination entre l’ensemble des intervenants, y compris les entreprises publiques, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers, afin d’assurer des interventions efficaces et une réponse rapide face aux crises climatiques, cette orientation est, selon la ministre, en parfaite adéquation avec les engagements internationaux de la Tunisie, notamment l’« Accord de Paris » et le « Cadre de Sendai » pour la réduction des risques de catastrophe.

Évoquant le programme intégré de résilience face aux catastrophes naturelles, la ministre a rappelé qu’il s’articule autour de quatre axes principaux : la réduction des risques d’inondation dans les zones urbaines ; le renforcement des services hydrauliques et climatiques ; la mise en place de mécanismes innovants de couverture des risques climatiques ; et l’amélioration de la gouvernance et de la coordination institutionnelle.

« La réalisation de ces objectifs nécessite un renforcement du rôle du secteur de l’assurance en tant que levier stratégique du développement, au regard de son impact direct sur l’investissement, de son rôle dans la stabilité financière et de sa contribution à l’équilibre entre croissance économique, justice sociale et protection de l’environnement », a-t-elle ajouté.

La ministre des Finances a par ailleurs souligné que la Tunisie s’attache à moderniser le cadre réglementaire régissant le secteur de l’assurance, à travers une meilleure adéquation entre priorités nationales et internationales, l’amélioration de la protection des assurés, l’encouragement de l’innovation, ainsi que l’intégration des critères ESG dans les stratégies des compagnies d’assurance et de réassurance.

La transformation digitale, un levier de performance pour le secteur 

Mettant l’accent sur le rôle croissant de la transformation digitale dans l’amélioration de la performance du secteur et de sa capacité à faire face à des risques de plus en plus complexes, Slama Khaldi a estimé que la technologie constitue aujourd’hui un levier essentiel pour renforcer la résilience du secteur de l’assurance.

En tête de ces outils figure l’intelligence artificielle, qui n’est plus, selon elle, un simple concept technique, mais un instrument opérationnel permettant d’identifier et de prédire les risques avec une plus grande précision, notamment ceux liés aux catastrophes naturelles.

Abordant l’enjeu de la cybersécurité dans un contexte marqué par la multiplication des menaces numériques, la responsable a affirmé que le gouvernement tunisien continue de soutenir les efforts visant à protéger le secteur des assurances contre les usages illicites, à renforcer sa crédibilité, à réduire la fraude, à accélérer les délais d’indemnisation et à développer des solutions assurantielles mieux adaptées aux besoins des citoyens et des entreprises.

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Auteur

Marwa Saidi

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