Face à un secteur en pleine évolution : Les enjeux au cœur des débats
Dans un secteur en pleine transformation, les assureurs tunisiens cherchent de nouveaux modèles pour renforcer la résilience et améliorer la protection des citoyens.
La Presse — Tenue du 1er au 3 février, la 18e édition des RDV de Carthage du secteur de l’assurance a constitué un cadre d’échanges entre les différents intervenants du secteur autour de ses enjeux futurs, dans un contexte marqué par de profondes mutations redéfinissant les règles du jeu. Rassemblant des acteurs locaux et régionaux, cette conférence annuelle a abordé quatre grandes thématiques : les catastrophes naturelles, le rôle de l’intelligence artificielle, la durabilité et la prévention des risques.
« L’objectif est de réfléchir aux moyens d’améliorer les services d’assurance, de s’inspirer des expériences réussies et de partager l’expérience tunisienne, leader dans ce domaine, avec les pays de la région », a souligné Hatem Amira, directeur général de la Fédération tunisienne des sociétés d’assurance (Ftusa), dans une déclaration aux médias.
Il a expliqué que le choix du thème « Sécuriser l’avenir dans un monde en mutation : innover, prévenir et renforcer la résilience » pour ce 18e RDV reflète la vision d’un secteur qui se veut résilient face aux changements, œuvrant à la fois au renouvellement de son offre et au renforcement des garanties au profit du citoyen.
Faire face à un nouveau type de risque
Sujet d’actualité, les catastrophes naturelles ont été au cœur de la première session de travail, axée sur la recherche d’une solution adaptée au contexte local pour la couverture de ce type de sinistres. « La Tunisie est désormais exposée aux risques de catastrophes naturelles, notamment les inondations. Il est aujourd’hui temps de porter un intérêt particulier à ce sujet. Notre objectif est de parvenir à indemniser toute personne sinistrée touchée par une catastrophe naturelle », a ajouté Amira.
Il a précisé que, selon les expériences comparatives, l’indemnisation en cas de catastrophes naturelles s’effectue par deux voies : les compagnies d’assurance pour les assurés et un fonds mis en place par l’Etat pour les non-assurés. Une solution qui a d’ailleurs été proposée lors de cette session de travail.
Le deuxième axe, consacré au rôle de l’intelligence artificielle dans l’amélioration des services d’assurance, a principalement porté sur les moyens de mettre cet outil technologique au service des assureurs afin de permettre au citoyen de bénéficier de services plus rapides et de proximité.
Vers l’instauration de nouveaux produits au service des agriculteurs
Les discussions ont également mis en lumière la micro-assurance, notamment l’assurance indicielle agricole, en tant que produits contribuant à la durabilité de l’économie. « Ce type de produits revêt une importance particulière, car il permet d’étendre la couverture assurantielle à l’ensemble des agriculteurs qui ne sont pas en mesure de payer des primes d’assurance élevées. Ils leur offrent la possibilité d’assurer leurs récoltes.
Il s’agit de mécanismes innovants et accessibles à un grand nombre d’agriculteurs. L’assurance agricole contribue ainsi à dynamiser l’activité agricole en encourageant l’agriculteur à produire davantage », a affirmé Amira. Enfin, la quatrième session de travail a été consacrée à la prévention des risques en tant que nouveau paradigme.
À ce sujet, le D.G. de de la Ftusa a expliqué que la culture de la prévention des risques fait encore défaut en Tunisie, alors même que les individus comme les entreprises sont exposés à un nombre croissant de risques. Le rôle des assureurs est également, selon lui, de sensibiliser à la nécessité et à l’importance de la prévention.