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Restaurants du cœur : Les préparatifs battent leur plein

  • 8 février 18:30
  • 4 min de lecture
Restaurants du cœur : Les préparatifs battent leur plein

Que reste-t-il pour Ramadan ? Quelques jours, et ils passeront vite, très vite. Déjà, au coin de bien des rues, on trouve des camionnettes qui proposent des services en poterie qui permettront aux familles de prendre leurs repas dans des couverts neufs.

C’est un petit peu la tradition, et dans les grandes surfaces, les magasins spécialisés, il y a des services en authentique porcelaine de Tunisie, qui est, entre parenthèses, de renommée mondiale.

La Presse —Tous ces préparatifs, sans oublier les condiments et autres stocks de graines spéciales pour la soupe, la farine pour les douceurs, le sucre, le thé, la menthe, etc. sont déjà soigneusement rangés.

Il y a de quoi agrémenter les menus et les soirées de veille. Bien sûr, ce n’est pas l’été et les sorties, mais le temps qui commence à être un peu plus clément autorisera peut-être quelques escapades chez des amis proches ou des parents.

Il ressort, à ce propos, que les Tunisiens et les Tunisiennes sortent de moins en moins et préfèrent prendre leurs «iftars» chez eux ou chez des parents très proches.

Mais tout cela ne nous fera pas oublier ceux qui n’ont personne, ni famille, ni moyens pour mettre fin à une journée de jeûne.

Ces démunis, depuis 1447 ans, n’ont jamais été oubliés en ce mois sacré de Ramadan. Parce que le Ramadan, c’est un mois spécial. Et ce n’est pas Coluche qui a trouvé l’astuce.

Même de grandes enseignes participent à ces initiatives qui permettent aux plus démunis de ressentir cette chaleur et cette  solidarité qui emplit les cœurs.

Dans toutes les mosquées, dans toutes les places publiques, à l’occasion du mois de Ramadan, on offre à manger à ceux qui viennent pour la prière du «moghreb». On dégage rapidement les tables installées pour la circonstance et on accomplit la prière. 

Cela n’empêche nullement les grands restaurants d’offrir gratuitement de quoi manger aux nécessiteux. Un restaurateur nous confie : «Nous appelons aux dons et cela marche. Notre objectif est de poursuivre cette action après amadan et continuer à distribuer des repas tous les soirs un peu partout en Tunisie», explique notre interlocuteur qui semble persuadé que cet objectif est réalisable.

«Les Tunisiens ont bon cœur et leur générosité est inégalée. Nous y arriverons. Nous ferons tout pour y arriver, car cela fait toujours plaisir de voir des gens heureux. Leur joie fait notre bonheur», conclut-il.

Il y a des associations qui appellent aux dons et cela marche. Donner, surtout au mois de Ramadan, est une sensation que chacun voudrait éprouver. On se sent utile, solidaire, comme si on accomplissait un service sacré.

Et il n’y a pas que cela. Les autorités municipales ou relevant des gouvernorats  contactent directement des restaurateurs qui s’organisent et font appel à des jeunes qui viennent pour aider à la confection des repas, faire le service, ou le ménage après les repas.   

Ces restos du cœur sont fréquentés par des familles, des célibataires ou tout simplement par des personnes de passage qui, les temps étant si difficiles, y viennent pour en profiter et économiser les prix d’un repas pris dans un restaurant.

Certaines personnes, discrètes, préfèrent emporter leurs repas chez elles. Des couffins leur sont alors offerts et elles peuvent rompre leur jeûne en famille.

D’autres initiatives solidaires comme le restaurant du cœur à l’Ariana, auquel nous avions rendu visite l’an dernier, en plus du point ouvert au public, ont pris en charge un certain nombre de personnes venues de l’intérieur de la république rendre visite à leurs malades à l’hôpital Mami.

D’autres, avec le Samu social, organisent la distribution quotidienne de repas de rupture du jeûne pour les personnes démunies et sans domicile fixe un peu partout.

Tout cela ne se limite pas à un nombre limité d’actions dans des lieux choisis. Tous les gouvernorats du pays agissent de même, et c’est actuellement le branle-bas de combat pour que tout soit en ordre le jour J.

«Cette année, tout comme Ramadan dernier, il y a de tout sur le marché et les prix ne sont pas excessifs. Ceux qui apprennent que c’est pour notre restaurant du cœur consentent des réductions.

Question de participer, et ce genre de gestes nous comble de bonheur», conclut un de ces jeunes qui s’apprête à être du nombre de ceux qui offriront un peu de bonheur à autrui.

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Auteur

Kamel GHATTAS

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