Patrimoine : Un programme de réhabilitation du musée de Zarzis
Ces mesures porteront, en priorité, sur le traitement des urgences structurelles, la réorganisation des espaces d’exposition selon des normes scientifiques et fonctionnelles, ainsi que l’amélioration des zones d’accueil, notamment les guichets et les sanitaires
La Presse — L’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (Amvppc) a annoncé, jeudi, le lancement d’un ensemble de mesures destinées à réhabiliter le musée de Zarzis, dans le gouvernorat de Médenine, et à améliorer ses conditions d’exploitation.
Dans un communiqué publié en fin d’après-midi sur sa page Facebook, l’Agence précise que ces décisions font suite à une visite de terrain et à une inspection technique menées en amont de futures interventions de restauration et de valorisation du site muséal. Les constats effectués lors de cette inspection ont mis en évidence une dégradation de l’état structurel du bâtiment, ainsi que des insuffisances notables en matière de scénographie et de mise en valeur muséographique.
Ces dysfonctionnements impactent directement les conditions de conservation et de présentation des collections archéologiques, de même que l’accueil du public et la fluidité des parcours de visite. Face à cette situation, l’Amvppc prévoit l’élaboration d’un programme d’intervention en coordination avec l’Institut
national du patrimoine (INP). Celui-ci portera, en priorité, sur le traitement des urgences structurelles, la réorganisation des espaces d’exposition selon des normes scientifiques et fonctionnelles, ainsi que l’amélioration des zones d’accueil, notamment les guichets et les sanitaires. Le projet inclura également la mise en place d’une clôture extérieure afin de renforcer la sécurité du musée et de mieux structurer son environnement immédiat.
Installé dans l’ancien édifice de l’église Notre Dame de La Garde, le musée de Zarzis occupe un bâtiment construit au début du XXe siècle par le père Gabriel Deshay et inauguré en 1926. De plan cruciforme, il se distingue par une vaste nef centrale et des galeries latérales accueillant les vitrines d’exposition. L’entrée principale, autrefois surmontée d’un clocher aujourd’hui démoli et remplacé par une coupole, donne accès à un espace rectangulaire flanqué de bas côtés où sont présentées les collections.
Le musée conserve un riche ensemble d’objets archéologiques, parmi lesquels des céramiques de tradition punique, notamment une amphore de Chammakh et un plat provenant de Zita (Zian), ainsi que des stèles funéraires ornées de symboles associés à la déesse Tanit.
Les collections comprennent également des éléments architecturaux, des inscriptions latines et des céramiques romaines issues de plusieurs sites de la région, tels que Chammakh, Khaoui Lagdir et Bou Garnin.
Les visiteurs peuvent également découvrir une maquette du forum de Gigthi, entouré de portiques et de temples, ainsi que des statues en marbre mises au jour sur le site de Zita, représentant des personnages drapés de toges et, probablement, le dieu Apollon. Les vitrines exposent par ailleurs des amphores destinées au transport de produits d’exportation, notamment l’huile d’olive et les produits de la mer, ainsi qu’un ensemble de mobilier funéraire provenant de la nécropole de Chammakh, composé d’amphores et d’objets rituels.
Enfin, le parcours muséal met en valeur les productions emblématiques de Zarzis (L’huile d’olive, le sel et les produits de la pêche, dont une éponge) témoignant du rôle central de ces activités dans l’économie et l’identité de la région.