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Editorial

Le défi d’un approvisionnement sécurisant

  • 10 février 17:00
  • 3 min de lecture
Le défi d’un approvisionnement sécurisant

Depuis la crise sanitaire et le conflit russo-ukrainien, l’industrie agroalimentaire en Tunisie peine encore à se relancer, en raison de blocages structurels, d’un manque de valeur ajoutée, de défaillances au niveau de l’approvisionnement et du stockage, de perturbations assez fréquentes au niveau de la production agricole, et d’une dépendance toujours importante aux matières premières étrangères.

Les statistiques retiennent, justement, que notre pays importe environ 50% de ses besoins alimentaires, ce qui signifie un niveau de vulnérabilité assez élevé face aux éventuelles perturbations sur le marché international ou encore aux changements climatiques croissants.

Et il faut reconnaître que c’est le manque d’implication du secteur privé, notamment en termes d’investissement, qui pénalise sérieusement notre secteur agroalimentaire. En effet, faute de mécanisation appropriée, de modernisation, d’élargissement du potentiel technologique, d’innovation et de recherche, l’agroalimentaire tunisien est resté, malheureusement, cantonné à des méthodes basiques ne permettant pas une montée réelle en gamme, ce qui explique une capacité concurrentielle faible par rapport à nos concurrents directs, et même par rapport à d’autres industries locales, les IME notamment.

Il est nécessaire donc de réagir et de trouver les bonnes parades qui permettraient de révolutionner cette filiale. Car n’oublions pas que l’agroalimentaire occupe une position stratégique, notamment en termes de sécurité alimentaire, d’efficacité économique, d’innovation industrielle et de développement durable.

Le secteur a besoin donc d’une nouvelle vision avec des objectifs clairs intégrant les principaux défis tels que la souveraineté alimentaire, l’approvisionnement, la valorisation agricole, les changements climatiques et la décarbonation. Sans parler d’un cadre réglementaire favorisant la recherche et le développement.

Mais le plus important pour l’industrie agroalimentaire, c’est qu’elle devrait progresser tout en tenant compte d’une logique d’adaptation aux pressions inflationnistes, aux pénuries des matières premières, aux exigences du développement durable, aux impératifs de la compétitivité et de l’innovation et à la volatilité de l’offre et de la demande.

Autant de défis complexes qui nécessitent eux-mêmes des mécanismes et des outils spécifiques capables de garantir la bonne application des normes, surtout au double niveau de l’approvisionnement et du conditionnement, et d’assurer, en même temps, une meilleure traçabilité.

Ces dispositions sont, en définitive, très importantes, mais elles restent, également, tributaires de notre capacité de nous doter d’une stratégie d’eau fiable, en mesure d’aider à la concrétisation des choix nationaux déjà préétablis.

Cette stratégie est d’autant plus incontournable que la Tunisie, comme on l’a déjà soulevé, reste sous la menace du stress hydrique. Et ce n’est pas un hasard si le Chef de l’Etat rappelle, à chaque fois, l’urgence «de réformer le secteur, de garantir une gestion saine et durable de nos ressources, de responsabiliser les différents intervenants, et de garantir un approvisionnement sécurisant».

Des ambitions légitimes, surtout que notre potentiel naturel reste toujours important, mais malheureusement, encore, en mal de valorisation.

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Auteur

Anis SOUADI

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