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A la une Société

Fraises impropres à la consommation : Se méfier des rumeurs

  • 15 avril 2026
  • 4 min de lecture
Fraises impropres à la consommation : Se méfier des rumeurs

L’ingénierie sociale qui sévit sur les réseaux sociaux à coups de fausses alertes sur des fraises impropres à la consommation a encore fait des dégâts. Plus de 3.000 personnes ont mordu à l’hameçon relayant cette fausse information prétendument communiquée par le ministère de la Santé, alors qu’il n’en est rien, sinon de jeter un pavé dans la mare. Jusqu’à quand de telles rumeurs suscitant la panique auprès des consommateurs vont-elles se poursuivre et paralyser le marché déjà secoué par la cherté des prix ?

La Presse —Depuis hier, une information inquiétante circule massivement sur les réseaux sociaux: «80 % des fraises vendues en Tunisie seraient impropres à la consommation». De nombreux internautes, inquiets pour leur santé et celle de leurs proches, ont partagé ce message sans vérifier son origine. Pourtant, il s’agit d’une rumeur sans fondement officiel. Car sur la page officielle du ministère, il n’en est rien. Certes ce fruit de saison traditionnellement accessible pour les petites bourses, à l’instar des agrumes qui ont connu une envolée des prix spectaculaire dépassant le seuil de 5 D le kilo, est plus cher en ce moment, mais il semble tout de même propice à la consommation et ne suscite aucune crainte.

Que doit donc faire le consommateur dans une telle situation? Acheter ou faire preuve de prudence ? Où est la vérité entre des rumeurs jugées infondées et des prix peu conventionnels ? Comme nous l’avons rapporté dans nos colonnes lundi dernier, le consommateur est le cadet des soucis des spécialistes en matière de qualité et des officiels. Dans ce cadre, les fausses alertes se répandent comme une traînée de poudre.

Une fausse alerte qui fait boule de neige

Le message, présenté comme un communiqué du ministère de la Santé, évoque des analyses alarmantes : pesticides en quantité excessive, contamination bactérienne, risques graves pour la santé… De quoi susciter naturellement la peur. Mais après vérification, aucune trace de cette annonce n’existe sur les canaux officiels. Ni le ministère, ni les autorités sanitaires compétentes, à l’instar de l’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires, n’ont publié un tel avertissement. Un point essentiel qui aurait dû freiner la propagation de cette information.

Le vrai problème : croire sans vérifier

Le médecin et blogueur Maher Abessi s’est exprimé avec franchise sur le sujet. Pour lui, cette affaire dépasse largement la question des fraises. Il déplore surtout la facilité avec laquelle une rumeur peut être acceptée et relayée : en quelques clics une information non vérifiée peut toucher des milliers de personnes. Selon lui, prendre quelques secondes pour vérifier une source officielle aurait suffi à éviter cette confusion.

Son message est clair : apprendre à douter, à vérifier et à réfléchir est devenu indispensable dans un monde où l’information circule très vite.

Un appel au calme du côté des consommateurs

De son côté, l’Organisation tunisienne pour informer les consommateurs, présidée par Lotfi Riahi, a rapidement réagi pour rassurer les citoyens. Elle confirme qu’aucune donnée fiable ne soutient cette rumeur. Elle rappelle également que si un danger réel existait, des mesures claires seraient immédiatement mises en place : communiqué officiel, retrait des produits concernés, identification des zones à risque. Rien de tout cela n’a été observé jusqu’à présent.

Des conséquences bien réelles existent tout de même. Car même si l’information est fausse, ses effets, eux, sont bien réels avec des consommateurs inquiets, parfois inutilement alarmés, des agriculteurs pénalisés par la baisse des ventes et une confiance fragilisée envers les produits locaux. C’est pourquoi les spécialistes mettent en garde contre le partage impulsif d’informations non vérifiées.

Garder les bons réflexes

Sans céder à la peur, il reste important d’adopter des gestes simples au quotidien : bien laver les fruits à l’eau courante, vérifier leur fraîcheur avant achat et privilégier les vendeurs de confiance. Et surtout, toujours remonter à la source d’une information avant de la croire ou de la partager.

Cette affaire rappelle une chose essentielle. A l’ère des réseaux sociaux, tout le monde peut diffuser une information… mais tout le monde doit aussi apprendre à la vérifier. Entre vigilance et bon sens, l’objectif n’est pas de s’inquiéter davantage, mais de s’informer mieux. Car bien consommer, c’est aussi savoir faire la part entre le vrai et le faux.

Auteur

Mohamed Salem Kechiche

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