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Société

Manouba : expérimentation de deux nouvelles variétés d’artichauts hybrides

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  • 15 avril 2026
  • 3 min de lecture
Manouba : expérimentation de deux nouvelles variétés d’artichauts hybrides

Le Centre Technique de la Pomme de Terre et de l’Artichaut (CTPTA) de Manouba vient de franchir une nouvelle étape dans le développement agricole en lançant l’expérimentation de deux variétés hybrides inédites pour la saison 2025-2026. Cette initiative, révélée par Foued Abdelhak, chef du service de la culture de l’artichaut au centre, vise à renforcer la résilience et la productivité d’une culture emblématique de la région.

Un protocole expérimental rigoureux

Pour cette première phase de tests, les experts se penchent sur les performances du « Capriccio », un hybride violet, et du « Green Triumph », une variété blanche. Sur une parcelle de 2000 mètres carrés, ces nouveaux venus sont comparés à des variétés témoins bien établies, telles que l’Opal et la Symphonie, afin d’évaluer avec précision leur capacité d’adaptation aux conditions pédoclimatiques locales ainsi que leur rendement qualitatif et quantitatif.

Le processus d’homologation s’inscrit dans un cycle de deux ans. La première année est consacrée à l’observation minutieuse de la croissance, de la germination à la récolte, tandis que la seconde servira à confirmer la stabilité des résultats. À l’issue de ce parcours, les données seront soumises au ministère de l’Agriculture pour l’inscription officielle au catalogue national, ouvrant ainsi la voie à leur distribution commerciale.

Une expertise au service de la diversité

Cette dynamique n’est pas nouvelle pour le CTPTA. Depuis 2005, quinze variétés ont déjà été officiellement enregistrées, reflétant une grande diversité de couleurs et de cycles de production. Le patrimoine agricole national compte aujourd’hui des noms reconnus comme le Blanc d’Oran ou le Violet d’Alger, complétés par des variétés locales telles que l’Annabi ou le Ras el-Gat.

Les variétés hybrides actuellement testées apportent une valeur ajoutée non négligeable : une résistance accrue aux pathologies. Toutefois, Foued Abdelhak rappelle que l’artichaut reste une culture exigeante. Elle nécessite un cycle long de près de dix mois, une terre fertile généreusement amendée en matières organiques et une maîtrise stricte de la salinité de l’eau, qui ne doit pas excéder 4 grammes par litre.

« L’artichaut : aliment et remède »

Au-delà de la technique, le centre s’engage dans la sensibilisation. Lors d’une récente journée portes ouvertes organisée à son siège, les responsables ont mis en avant les vertus nutritionnelles et médicinales de ce légume sous le slogan « L’artichaut : aliment et remède ».

En présence du Gouverneur de la région, cet événement a permis d’exposer les résultats préliminaires de la saison 2025-2026 et de souligner l’importance de choisir des variétés adaptées aux défis climatiques actuels. Grâce à ses 20 hectares de station expérimentale et à ses techniques de rotation culturale, le centre de Manouba confirme sa position de pilier scientifique pour la sécurité alimentaire et la diversité agricole en Tunisie.

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Auteur

La Presse

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