L’Organisation Mondiale de la Santé a récemment publié un bilan révélant que les campagnes de vaccination contre la rougeole ont permis de sauver près de 20 millions de vies sur le continent africain depuis l’an 2000. Grâce aux programmes de vaccination de routine, plus de 500 millions d’enfants ont pu être protégés contre cette maladie. Malgré ces avancées historiques, l’organisation nuance ces résultats en soulignant que le continent accuse encore un certain retard dans la lutte globale contre les pathologies évitables par la vaccination.
Ces conclusions sont le fruit de la toute première analyse détaillée portant sur les objectifs d’immunisation en Afrique, menée conjointement par l’OMS et Gavi, l’Alliance du Vaccin. Le rapport documente avec précision les succès accomplis mais aussi les obstacles structurels qui freinent l’élargissement de la couverture vaccinale. Ces efforts s’inscrivent dans une dynamique internationale plus large, pilotée par la stratégie mondiale de l’Agenda de la vaccination à l’horizon 2030.
L’étude, qui s’étend de 2000 à 2024, met en lumière une transformation profonde du paysage sanitaire africain. L’un des indicateurs les plus marquants de cette période est l’adoption de la seconde dose de vaccin contre la rougeole par 44 pays, qui l’ont désormais intégrée à leur calendrier vaccinal régulier. Cette évolution a permis au taux de couverture de bondir de 5 % à 55 % en l’espace de deux décennies, tandis que les campagnes de vaccination supplémentaires ont assuré la distribution de 622 millions de doses.
L’impact de cette mobilisation collective sur la santé publique est indéniable. En plus d’avoir réduit de moitié la mortalité liée à la rougeole dans la région, ces initiatives ont entraîné une baisse de 40 % du nombre total de cas recensés. La situation semble d’ailleurs se stabiliser dans certaines zones géographiques puisque neuf pays ont fait état de taux d’infection exceptionnellement bas de manière constante durant les années 2023 et 2024.



