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Handicap et « kafala » : ce que prévoit le ministère des Affaires sociales pour les personnes sans soutien familial

  • 18 avril 2026
  • 5 min de lecture
Handicap et « kafala » : ce que prévoit le ministère des Affaires sociales pour les personnes sans soutien familial

Invité de Radio Nationale le 18 avril 2026, Thameur Toukabri, chargé de la direction générale des personnes handicapées au ministère des Affaires sociales, a détaillé le fonctionnement du système de kafala ( tutelle) destiné aux personnes handicapées sans soutien familial, précisé l’état d’avancement du concours de recrutement qui leur est réservé, et annoncé la création prochaine d’un fonds dédié.

Le responsable a rappelé que l’objectif central des programmes du ministère demeure la réhabilitation et l’intégration des personnes handicapées, auxquelles il reconnaît le droit de vivre dans un cadre familial naturel, au même titre que tout citoyen tunisien.

Or, de nombreuses personnes handicapées se trouvent dépourvues de soutien familial, soit faute de famille, soit parce que leurs proches sont dans l’incapacité d’assurer leur prise en charge, le handicap engendrant un coût considérable, tant financier qu’en termes d’énergie et d’efforts humains.

C’est dans ce contexte que s’inscrit le dispositif de kafala : il permet à des familles d’accueil de prendre en charge des personnes handicapées sans soutien, en échange d’une aide mensuelle.

Le chargé de la direction générale a tenu à préciser que cette aide ne constitue pas une rémunération, mais une contribution destinée à couvrir les besoins et dépenses supplémentaires qu’implique le handicap.

Des critères stricts pour protéger la dignité des bénéficiaires

L’intervenant a indiqué que la condition principale est que la personne concernée soit dépourvue de soutien familial au sens strict, à savoir l’absence de père, de mère ou de descendants directs, les frères et sœurs n’étant pas pris en compte. Lorsque des parents existent, la condition peut néanmoins être retenue s’ils sont eux-mêmes âgés et dans l’incapacité physique d’assurer la prise en charge.

Le consentement de la personne concernée est une condition sine qua non ou, en cas d’incapacité mentale profonde, celui de son tuteur légal. La démarche est initiée par la famille souhaitant accueillir, qui constitue un dossier à soumettre au ministère. Celle-ci doit répondre à plusieurs critères : présenter toutes les garanties de santé, d’équilibre interne et de moralité, et constituer une famille au sens plein du terme et non un tuteur isolé.

Un accompagnement rigoureux, de l’instruction du dossier au suivi trimestriel

Le dossier fait l’objet d’une instruction complète comprenant une évaluation de la situation matérielle et sanitaire de la famille candidate, ainsi qu’un examen des conditions du logement, notamment son accessibilité pour les personnes présentant un handicap moteur sévère.

Une fois la kafala accordée, le ministère des Affaires sociales assure un suivi trimestriel. Le responsable a tenu à distinguer ce suivi de toute forme de surveillance : il s’agit d’un accompagnement permettant d’améliorer les situations et de soutenir les familles d’accueil. En cas de manquement constaté ou de refus de la personne prise en charge de demeurer dans ce cadre, la kafala est résiliée et les manquements graves peuvent donner lieu à des poursuites judiciaires.

L’aide mensuelle s’élève actuellement à 350 dinars par personne handicapée prise en charge. Le chargé de la direction générale a rappelé que ce montant a progressivement évolué depuis un niveau initial de 150 dinars, et qu’il est appelé à être révisé en fonction du coût de la vie. Une famille d’accueil peut prendre en charge au maximum deux personnes.

Le responsable a également signalé un point de confusion fréquent : les personnes handicapées bénéficiant déjà d’une aide dans le cadre du programme de protection sociale voient cette prestation suspendue dès lors qu’elles intègrent le dispositif de kafala, les deux relevant du même cadre.

Toute famille souhaitant accueillir une personne handicapée est invitée à se rapprocher de l’unité locale d’action sociale de son lieu de résidence, afin de s’informer sur les documents requis et de constituer son dossier.

Concours de recrutement : des résultats quasi définitifs, la commission médicale en vue

Le responsable a indiqué que les résultats publiés sont considérés comme quasi définitifs, portant sur un nombre de candidats représentant environ le double des postes à pourvoir. Une commission médicale doit désormais se prononcer sur l’adéquation entre les profils retenus et les postes proposés, ce qui pourrait entraîner des ajustements. Le chargé de la direction générale a précisé que ses travaux devraient être plus rapides que ceux de la commission technique, les dossiers étant déjà établis.

Il a par ailleurs rappelé que les recours restent ouverts : toute personne s’estimant lésée peut solliciter des éclaircissements motivés sur son dossier, et un résultat négatif à ce concours n’empêche pas de candidater à de futures sessions.

Auteur

S. M.

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